Entre Ami(e)s

 

Voici quelques sujets abordés par deux de mes Amis (intérieurs) lors de leurs rencontres.
Ils m'ont permis de vous les partager et au passage, de me présenter.

  • S'engager à cent pour cent.
  • La Loi de l'Économie.
  • Suivre le fil du bonheur.
  • A propos de systèmes.
  • Sortir de la prison.
  • La Belle au Bois Dormant et le chemin de l’Âme.
  • La révolte ou la Paix.
  • L'intelligence de l'Amour.
  • La méditation du noyau de pêche.
  • Le jeu de la paix.

S‘engager à cent pour cent.

L’Ami.

Bienvenue, cher ami.

Je vous propose aujourd’hui une initiation à la science de l’être.

Vous avez certainement appris les sciences du faire et de l’avoir, mais vous êtes sans doute peu familier avec celle de l’être.

L’élève.

Bonjour Maître.

L’Ami.

Vous pouvez m’accorder le titre que vous voulez. Mais le terme d’ami sera très approprié. Poursuivez s’il vous plaît.

L'élève.

Oui, j’ai quelques connaissances en physique, en économie, en management et même en psychologie. Autrement dit, je me connais, je sais comment fonctionne le monde et comment devenir riche.

L’Ami.

Donc, c’est bien cela : vous ne connaissez rien. Ne vous découragez pas, votre situation est très courante chez les humains.

L’élève.

Comment pouvez-vous dire que ces sciences qui font la fierté de l’espèce humaine depuis des siècles, ne sont que vanité ? Elles nous permettent de communiquer, de nous déplacer à grande vitesse, d’explorer, de conquérir puis d’exploiter tout ce que nous nous rencontrons, depuis les forêts primitives jusqu’au fin fond des océans, nous allons plus loin que les plus hautes montagnes, même sur la lune et au-delà de Pluton ! Nous pouvons fabriquer de l’intelligence artificielle. Nous ne nous gênons pas pour manipuler les plantes, les bactéries et les autres êtres vivants. Devant notre technologie et devant notre commerce, toute résistance est futile.

L’Ami.

Les graves maladies que vous venez de décrire sont effectivement de vrais fléaux pour l’espèce humaine.

Heureusement, la science de l’être a été sauvegardée par plusieurs sages sur cette planète. La diffusion de cette connaissance permettra peut-être à l’espèce humaine d’échapper à sa propre éradication.

L’élève.

Là vous exagérez !

L’Ami

Permettez-moi de vous poser quelques questions. La technologie et le commerce que vous décrivez ont-ils permis d’améliorer le bien-être et le bonheur des êtres vivant sur notre terre ? Ont-ils permis d’apaiser les relations entre les peuples ? Ont-ils permis de célébrer la beauté de cette planète, véritable joyau dans l’univers, au-delà même de ce que pouvez imaginer ?

L’élève.

Si l’on considère la planète et l’humanité dans son l’ensemble, j’admets qu’il y a, dans certains cas, une marge de progrès.

L’Ami.

A votre avis, d’où viennent ces inégalités et ces déséquilibres ?

L’élève.

La terre ne nous enseigne-elle pas la loi de l’évolution, de la sélection naturelle ?

L’Ami.

Certes, la nature évolue par des cycles de destruction et de recréation. L’impermanence de l’univers apparent est en réalité l’expression de l’éternel renouveau et de la force alchimique de la vie.

Si l’humanité se vit comme étant divisée, et séparée de la nature, comment être sûr que son évolution sera naturelle, et qu’elle exprimera la paix, le bonheur et la beauté de la vie ?

L’élève.

Je dois admettre que cette orientation ne fait pas partie des objectifs du progrès économique mondial et que la nature manifeste actuellement des symptômes inquiétants.

L’Ami.

Si vous reconnaissez l’existence d’un problème, cela va de pair avec la possibilité d’une solution. En ce qui concerne le problème que nous venons d’évoquer, on peut même parler de nécessité d’une solution !

Mais savez-vous comment la trouver ?

L’élève.

Bien sûr. En mathématiques, j’ai appris que la solution ne se trouve pas au niveau du problème, et que pour la trouver, il faut savoir changer de point de vue en élargissant la perspective.

L’Ami.

Certes. Mais savez-vous aussi que sortir du cadre des conceptions préétablies est souvent considéré comme un défi blasphématoire et que le contrevenant est régulièrement condamné à mort ?

L’élève.

Je suppose que c’est la raison pour laquelle les sages ne courent pas les rues.

L’Ami.

Cela est malheureusement exact. Mais comme vous pouvez le constater, j’ai encore la tête sur les épaules.

L’élève.

J’en déduis deux hypothèses. Soit vous n’êtes pas un sage. Soit vous avez provisoirement échappé aux radars des contrôles administratifs.

L’Ami.

Et quelle est la suite de votre raisonnement ?

L’élève.

Je fais l’hypothèse que vous êtes un sage et je suis prêt à vous écouter. Bien entendu, je me réserve la possibilité de valider ma première hypothèse à la fin de notre entretien. Sage ou pas sage, telle est la question.

L’Ami.

Soit. Selon mon point de vue, c’est plutôt l’humanité qui a perdu la tête. Mais comme il semble que vous ayez toujours la vôtre sur les épaules, je fais donc l’hypothèse que votre cas n’est pas encore désespéré.

L’élève.

Cela est très aimable de votre part.

L’Ami.

Mais assez palabré. Revenons à notre première leçon en mathématiques de l’être.

Cette science vise, je le rappelle, à réaliser l’unité de l’être et à décliner les différentes lois qui permettent de manifester le bonheur et la paix.

Vous connaissez bien la technologie de la matière. Vous devez apprendre maintenant la technologie de l’amour.

L’élève.

Bien-sûr, je connais bien Facebook et les préservatifs !

L’Ami.

En mettant votre tête entre vos jambes, vous ébranlez mon hypothèse concernant votre cas.

L'élève.

Je plaisantais !

L’Ami.

Également !

Commençons donc la leçon d’aujourd’hui.

Posons cette simple hypothèse : votre état présent reflète toujours votre engagement vis à vis de vous-mêmes.

L’élève.

Mon présent semble être plutôt une succession d’instants hétéroclites, comme l’agitation d’un tourbillon. Il se produit sans cesse des rencontres et des événements nouveaux et imprévus, indépendants de mes intentions et de ma volonté.

Lorsque j’entreprends une activité, je le fais avec toute ma conviction, avec toute ma force et mon intelligence. Et j’ai rarement des résultats à la hauteur de mes attentes et de mes efforts.

Et vous dites que cette situation est le reflet de mon engagement vis à vis de moi-même ?

L’Ami.

Je parle de votre état présent. De la manière dont vous vivez les événements et vos activités. Je parle de votre être. Il est possible de reformuler toutes ces questions en une seule : qui êtes-vous ?

L’élève.

A quel étage de mon corps se trouve ma tête ? A quelle date de ma vie se trouve mon identité ?

L’Ami.

Vous voulez dire, à quel étage de votre corps avez-vous oublié votre tête ? A quelle date de votre vie avez-vous oublié votre identité ? A quel diamètre de l’espace temps avez-vous limité la sphère de votre horizon ?

L’élève.

Mon extrait d’acte de naissance et mon passeport ne répondent pas à vos questions ?

L’Ami.

Quel bonheur, ce paradis administratif ! Tous les jours, de nouvelles règles, des codes de plus en plus épais. Quelle ardeur à multiplier les lois, les normes, les contraintes. Ce paradis administratif vous extasie-il autant que moi ?

L’élève.

Bon, j’admets qu’à propos d’extase, cela ressemble plutôt à un paradis artificiel.

L’Ami.

Je ne vous le fais pas dire. Mais revenons à nos moutons. Ou plutôt à votre chandelle, que je vous déconseille d’allumer par les deux bouts. Intéressons-nous d’abord à votre corps.

L’élève.

Je vous en prie.

Mais quel est l’autre bout de ma chandelle ?

L’Ami.

L’autre bout de la chandelle est celui qui est déjà bien allumé, si je puis me permettre. Je veux parler de votre conscience éclairée. C’est pourquoi je ne soufflerai pas sur le feu de ce côté là.

A propos de votre corps, ne vous enflammez pas, car ce n’est pas très utile en cette période de réchauffement climatique.

L’élève.

Votre bienveillance me touche. Vous pouvez maintenant éclairer l’autre bout de ma chandelle sans me donner des sueurs froides.

L’Ami.

Savez-vous de quoi est constitué votre corps ?

L’élève.

Il a été question de ma tête, et je vois que maintenant, il est question d’aller plus loin. Cela me fait rougir.

L’Ami.

Il n'est question que des matériaux qui constituent votre corps. J’espère qu’ils ne vous porteront pas à l’incandescence !

L’élève.

Pour ma part, je me demande si je ne préfère pas l’indécence à l’incandescence.

L’Ami.

Nous n’embraserons ni l’un ni l’autre. Vous avez, me semble-t-il des connaissances en biologie, en paléontologie et en astronomie.

L’élève.

Effectivement, j’ai quelques souvenirs depuis l’école primaire.

L’Ami.

Il n’en faut pas plus pour répondre à deux questions. Quel est le plus petit constituant vivant de votre corps ? A quelle époque est-il apparu sur notre planète ?

L’élève.

D’une pierre deux coups. Je dis que le plus petit constituant d’un corps est la cellule, et que celle-ci est apparue sur la terre il y a plus de trois milliards d’années. C’est mon dernier mot, cher ami.

L’Ami.

Bingo ! Vous deviez être quand même un bon élève à l’école primaire.

L’élève.

J’avais un faible pour ma maîtresse et pour son anatomie.

L’Ami.

Comme quoi, une bonne pédagogue sait aussi attiser la curiosité.

Mais puisque vous vous intéressez aussi à l’astrophysique, pouvez-vous me rappeler quels sont les plus petits constituants connus de la cellule, et à quelle époque de l’univers ont ils été fabriqués ?

L’élève.

J’ai eu de la chance car ma professeur de SVT du lycée avait un physique de star. De quoi me mettre des étoiles plein les yeux.

L’Ami.

Mieux apprendre grâce aux hormones est un art que vous semblez pratiquer à merveille.

Si vous hésitez pour trouver la bonne réponse, vous pouvez toujours demander l’aide d’un ami.

L’élève.

Ce n’est pas nécessaire pour cette fois. Voici ma réponse. Je sais que les atomes ont été fabriqués par les étoiles, que les plus petites parties des particules connues ont été fabriquées dès l’origine de l’univers, et qu’elles recèlent encore de nombreux mystères.

L’Ami.

On peut donc résumer la situation de votre corps comme suit. Ses atomes contiennent l’information de l’origine et du fonctionnement de l’univers, et ses molécules et organes contiennent toute l’intelligence de la vie depuis des milliards d’années.

Par conséquent, si vous savez utiliser votre corps comme une antenne, vous pouvez recevoir des informations de l’ensemble de l’univers et de la vie.

Vous pouvez également vous servir de votre corps comme poste émetteur et informer la vie et l’univers par vos fréquences.

Dans la science de l’être, il y a la conscience que la vie, l’univers et tous les êtres ne font qu’un. Dans la technologie de l’amour, cette fusion se réalise dans le corps et dans la matière.

L’élève.

Tout cela me donne le vertige et ne m’apporte ni bonheur, ni abondance.

L’Ami.

Reprenons maintenant notre hypothèse de départ.

L’élève.

Je vois, c’est celle qui suppose que vous n’êtes pas un sage.

L’Ami.

Non, ceci serait plutôt une conclusion parfaitement correcte concernant mon ego.

Essayez plutôt de vous souvenir de ma première hypothèse à propos de l’état présent.

L’élève.

Oui, je me souviens. Votre hypothèse était la suivante. Mon état présent reflète toujours mon engagement vis à vis de moi-même.

L’Ami.

Lorsque vous dites moi-même : est-ce l’ego qui parle ?

L’élève.

Je ne comprends pas. Qui d’autre peut parler et penser ?

L’Ami.

Votre corps, composé d’une myriade d’atomes et de molécules, est le reflet de l’univers. Ses cellules et ses organes en font le porteur de la vie. Ses nombreux composants en font l’image de l’être universel différencié dont il peut devenir le canal, mais seulement lorsque toutes ses cellules et organes s’expriment en polyphonie.

Lorsque l’être n’exprime pas sa globalité, il se divise, il se fissure et il se détruit. C’est la cacophonie. L’ego est cacophone.

L’élève.

Ma formulation est cacophone parce je n’exprime pas la totalité de mon être ?

L'Ami.

C’est cela. Alors comment polyphonier la phrase : mon état présent reflète toujours mon engagement vis à vis de moi-même ?

L’élève.

Pour ne pas en rester aphone, j’ai besoin de l’aide d’un ami. Soyez donc mon joker.

L’Ami.

Soit. Voici une réponse. Il est plus juste d’employer ici le nous et de dire que notre état présent reflète toujours notre engagement vis à vis de nous-mêmes.

L’élève.

Je comprends. Le nous, c’est l’ensemble des cellules qui s’expriment. Le je, c’est seulement une partie d’entre elles.

L’Ami.

Très bien. Il devient facile de conclure que s’engager à cent pour cent, c’est être présent intégralement, dans le sens corporel du terme.

Il reste à expliquer comment réaliser cette présence et cet engagement.

Mais voilà qui suffit pour une première leçon. Selon votre réponse à la question : sage ou pas sage, nous nous reverrons peut-être pour vous aider à développer la technologie de l’amour.

L’élève.

Cher ami, sage de surcroît, nous vous remercions pour ces explications. Nous avons hâte de découvrir la suite !

L’Ami.

Merci également. Puissent le silence et la paix vous accompagner à chaque instant, sur le chemin de la vérité, de la liberté et de l’amour.

La Loi de l'Économie.

🙂L’élève.

Bonjour cher Ami. Je suis très heureux de vous revoir aujourd’hui car j’ai du mal à intégrer ce que vous m’avez enseigné lors de notre dernière rencontre et j’ai besoin de quelques explications complémentaires.

L’Ami.

Bonjour également cher ami. Résumez-moi d’abord ce que vous avez retenu de notre entretien.

L'élève.

Ce que j’ai retenu tient en une seule phrase qui pourrait être la suivante. Pour réussir, je dois m’engager à cent pour cent en exprimant dans chaque action la totalité de ce que je suis.

L'Ami.

Très bien. En quoi cela est-il difficile à intégrer ?

L'élève.

La liste serait longue. Je ne sais pas par quel bout commencer.

L'Ami.

Est-ce l’hésitation qui se présente en premier à notre rendez-vous ?

L'élève.

Je ne sais pas...

L'Ami.

Voilà que l’ignorance suit le mouvement ? Et pourquoi pas le doute, la peur, le découragement et tout le brouhaha ?

L'élève.

Je me demande même si ce n’était pas mieux avant de vous connaître.

L'Ami.

Effectivement, le programme d’intégration est exigeant. Par peur du surmenage, il est tentant de fuir pour échapper au travail. Mais la tactique de l’autruche a peu d’avenir.

L'élève.

En même temps, je suis tenté de réussir. Et par conséquent d’écouter vos explications et vos conseils.

L'Ami.

Vous êtes donc tenté à la fois de fuir à grande vitesse et d’avancer à petit pas.

L'élève.

Que choisir ?

L'Ami.

Ces parts de vous-mêmes en difficulté ne sont pas à renier, à rejeter. Loin de là ! Elles représentent vos parts d’ombre. Elles sont tapies dans la nuit de votre inconscient et surgissent à la moindre occasion. Vous pourriez donc choisir de les accueillir et de les intégrer.

L'élève.

Sans elles, je ne suis pas entier. Mais avec elles je suis divisé. C’est impossible !

L'Ami.

Si vous savez bien observer une ombre, elle peut vous aider à trouver le chemin vers la lumière. L’ombre vous indique toujours la direction opposée à celle du soleil.

Dans la vie, cela équivaut à retourner l’obstacle pour le transformer en défi et en tremplin. Ainsi, chaque difficulté devient une occasion de vous découvrir vous-même au-delà de la prison de votre confort. C’est le premier pas vers un engagement à cent pour cent.

L'élève.

Mais c’est très difficile.

L'Ami.

Difficile certes, mais c’est mieux qu’impossible, n’est-ce pas ?

Allons plus loin. Pour qui est-ce difficile ?

L'élève.

Vous m’avez déjà posé ce genre de question-piège. Je comprends ce que vous voulez dire. C’est difficile pour le moi divisé, pour l’ego. C’est facile pour le moi entier, pour le nous. Mais le problème c’est justement que je ne sais pas comment être entier.

L'Ami.

Vous me semblez pourtant bien entier. Le moi qui parle, votre inconscient et votre corps sont bien présents à notre rendez-vous.

Mais il est possible que vous vous croyiez divisé, que vous ayez peur de la puissance de votre inconscient et que vous ayez oublié la sagesse de votre corps.

Il suffirait donc de transformer la croyance que vous êtes divisé, pour constater votre intégralité. Il suffirait d’accueillir et de transmuter vos peurs, pour laisser votre puissance s’exprimer pleinement. Il suffit de laisser votre corps agir avec sagesse.

L'élève.

C’est clair et simple en théorie. Mais sur le chantier, quel travail !

L'Ami.

C’est la raison pour laquelle je vous propose de redécouvrir la loi de l’économie.

L'élève.

Vous me demander d’économiser ? Ou vous voulez parler d’économie équitable et durable ?

L'Ami.

Commençons d’abord par la loi du moindre effort, qui est connue en physique en tant que principe d’inertie.

L'élève.

Vous me demandez de devenir fainéant ?

L'Ami.

La paresse est la mère de l’ignorance, de l’ennui et de tous les vices. Je vous suggère au contraire de réfléchir avant d’agir et de parler.

Voici comment. Prenons une analogie pour illustrer notre propos. Quel sculpteur crée les plus belles œuvres : celui qui tape comme une brute sur la roche, ou celui qui mesure et ajuste finement l’impact de ses outils ? Lequel déploie pourtant le plus de force ?

L'élève.

S’il ne me tape pas dessus, je dirais que le meilleur sculpteur est bien celui qui économise ses efforts pour atteindre son objectif.

L'Ami.

En effet, forcer c’est gâcher, gaspiller, abuser, détruire. Cette observation peut s’appliquer à tous les domaines de l’activité humaine.

Lorsqu’il respecte la loi du moindre effort, l’humain repousse ses limites, l’économie devient équitable et durable.

Dans le cas contraire, l’humain dépasse ses limites et provoque les pollutions, les guerres et les dérèglements de toutes sortes.

L'élève.

Comment connaître ses limites et ne pas les dépasser ?

L'Ami.

La loi dont je vous parle régit la nature et l’univers. Il suffit donc de les observer pour comprendre.

L'élève.

Si je dois acheter un microscope, une loupe, des jumelles et un télescope, mes économies s’en trouveront très amoindries !

L'Ami.

Un peu de sobriété heureuse ne vous ferait pas de mal en effet.

Comme je vous l’ai indiqué dans notre premier entretien, pour connaître la nature, inutile d’investir dans la technologie. Tout simplement, connaissez-vous vous-même en observant, en ressentant et en respectant votre propre corps.

Lorsque cet acte est accompli selon la loi de l’économie, la détente et la paix sont au rendez-vous.

L'élève.

Vous voyez bien que mes parts d’ombre aiment la rébellion, la peur et le sabotage et que si je cesse de les contrôler, elles vont me dominer. Il faut bien punir les mauvais élèves qui chahutent dans une classe et jeter les délinquants en prison.

L'Ami.

Ces parts d’ombre, ces mauvais élèves, ces délinquants vous mènent tout droit vers votre propre destruction. Ces parts de vous-même sont pourtant vos meilleurs alliés.

L'élève.

Seriez-vous un Sith, adepte du côté obscur de la force, un avocat du diable ?

L'Ami.

Le Sith obscur que vous projetez sur moi se trouve en réalité en vous.

Cette partie de vous-même garde le seuil de votre prison et vous montre le contraire du chemin à suivre pour être libre.

Elle représente la matière première que les alchimistes apprennent à transmuter en or dans le creuset des difficultés. Tout comme les obstacles que les sportifs et les artistes recherchent pour développer leur talents.

Un ami bienveillant vous donnerait de meilleurs conseils que ceux du Sith, mais pas forcément l’énergie nécessaire pour les mettre en pratique. Reconnaissez que la vigueur de sa stimulation peut être une précieuse alliée.

L'élève.

Si la poussée est trop vigoureuse, comment ne pas tomber ?

L'Ami.

Lâcher prise, rencontrer et accueillir vos parts d’ombre permet de vous réconcilier avec vous-même et de retrouver votre intégrité dans l’instant présent. Cette alchimie s’effectue dans le corps à chaque instant.

Inutile de superviser tous les processus. Commencez par les écouter. Et si cela est trop difficile, commencez par prier. Votre ami sera toujours présent.

L'élève.

C’est logique : la résistance est contraire à l'effort. J’entends vos conseils avec une autre oreille et je suis mieux disposé à m’engager dans ce travail avec économie.

L'Ami.

Nous verrons plus tard comment stimuler votre résilience et accompagner votre régénération.

L'élève.

Quel programme !

L'Ami.

Que le courage, l’intelligence et la patience vous accompagnent sur le chemin de vos efforts vers de grands et joyeux accomplissements.

Suivre le fil du bonheur.

L’élève.

J’ai tenté de pratiquer ce que vous indiquez, mais je suis loin du compte. Je me sens souvent découragé, fatigué. Les résultats me semblent aléatoires. Quand je crois avoir vraiment avancé dans la bonne direction, l’instant d’après, patatras, tout s’écroule ! Mon œuvre est comme un château de sable que le moindre souffle de vent, une infime écume suffisent à balayer.

L’Ami.

Il est en effet à la fois décourageant et épuisant de ne pas accepter d’être qui vous êtes, de vouloir être ailleurs qu’à l’endroit où vous vous trouvez.

L'élève.

Vous voulez dire qu’il n’y a rien à faire, qu’il suffit d’être ?

L’Ami.

Oui, et non. Lorsque vous respirez, lorsque vous marchez, lorsque vous parlez, ne faites-vous rien ? Si vous ne faisiez vraiment rien, pourriez-vous être ici et maintenant, en ma compagnie ?

L’élève.

C’est évident. Mais nous parlons du bonheur, de l’art d’être heureux. Nombre d’enseignants prétendent qu’il suffit d’être pour être heureux.

L’Ami.

Pensez-vous réellement que le bonheur, même s’il puise sa source au plus profond de votre être, ne soit pas une pratique ? Qu’un capital puisse s’agrandir sans l’entretenir et sans le faire fructifier ?

L'élève.

Je comprends. Toute la question est de savoir comment cultiver le bonheur.

L'Ami.

L’art d’être heureux commence en effet par le fait d’être, de savoir être. Or comme nous l’avons déjà expliqué, l’être pur, l’être primordial semble être comme le soleil, à la fois puissant et lointain, inaccessible.

L'élève.

Puisque que ce soleil est inaccessible, inutile de se fatiguer pour être heureux. La situation est désespérée.

L'Ami.

Pour décrire la situation, j’ai employé le terme "semble".

Voyez-vous, cher ami, dans un monde où tout est inversé, l’apparence semble réelle, et la réalité illusoire. Dans le désert de l’amour, le moindre mirage devient une oasis. Mais le voyageur égaré dans l’illusion finit par mourir de soif et d’épuisement.

Prendre l’apparence pour la réalité, c’est permettre au malheur de se répandre sur cette planète.

L'élève.

Je vous trouve bien pessimiste aujourd’hui ! Vous me dites que dans ce monde, la réalité n’est pas apparente, et que les êtres se débattent dans les filets de l’illusion comme des poissons sortis hors de l’eau. C’est désespérant !

L'Ami.

Vous avez raison de prendre l’image du filet de pêche pour décrire la situation du voyageur piégé dans l’illusion. Mais la réalité est toute autre. En effet, il n’y a pas pêcheur, c’est comme si le poisson se pêchait lui-même. Dans ce monde, les voyageurs s’égarent tous seuls.

L'élève.

Mais ce sont les parents, les enseignants, les employeurs, la société, les gouvernants qui sont responsables, puisqu’ils indiquent le chemin du filet et que ne peux pas leur échapper.

L'Ami.

Si suivez le chemin des non-voyants, croyez-vous qu’ils vous indiqueront la bonne direction ? Sont-ils responsables du fait que vous les suivez ? Ne saviez-vous pas qu’ils étaient non-voyants et que leur chemin n’était pas forcément le vôtre ? Qui vous empêche d’ouvrir les yeux et de choisir une autre voie ? Qui est le responsable de votre égarement, vous, ou les autres non-voyants ?

L'élève.

Soit. Je résume. Non seulement la réalité de l’être est inaccessible, mais on ne peut se fier à personne à l’extérieur pour la trouver. C’est donc l’impasse. Pas étonnant que le bonheur soit si peu répandu sur la terre !

L'Ami.

Mon pessimisme serait-il contagieux ?

L'élève.

Heureusement que vous avez un peu d’humour. Mais sérieusement, comment se sortir de l’impasse ?

L'Ami.

A votre avis ?

L'élève.

Je déménage. Je change de planète. Je trouve un sage, une âme sœur, je gagne le gros lot au loto ou dans les affaires et je deviens très riche avec beaucoup d’amis. Champagne, voyages et fiesta tous les jours …

Oui, mais est-ce essentiel pour être heureux, et à la fin, que restera-t-il ?

Non vraiment, je n’ai aucune idée.

L'Ami.

Je vois que vous avez une connaissance approfondie de la manière dont vous pourriez vous faire piéger dans l’illusion en y picorant des miettes de bonheur. Une longue pratique, je suppose.

L'élève.

J’ai suffisamment picoré, comme vous le dites, pour me rendre compte que tout cela ne m’a pas rendu heureux. Je sais qu’il existe une autre voie, et c’est la raison pour laquelle je vous demande quelques éclaircissements.

L'Ami.

Votre confiance m’honore. Alors revenons-en au thème de notre entretien : suivre le fil du bonheur. Un peu comme Ariane, qui avait donné à son bien-aimé un fil pour lui permettre de ressortir du labyrinthe après avoir dompté le Minotaure.

L'élève.

Faut-il que j’apprenne la mythologie et la philosophie grecques ?

L'Ami.

Vous pourriez vous distraire en effet. Dans toutes les traditions, les mythologies sont des concentrés de la sagesse d’un peuple. Mais ici, il n’est pas question de vous distraire. Soyons utile, pratique en revenant à l’essentiel : comment suivre le fil du bonheur ?

L'élève.

Vous m’avez parlé de soleil, de réalité. Voilà ce que dois trouver et suivre.

L'Ami.

Si vous regardez le reflet du soleil à la surface d’un plan d’eau dont la surface est agité par le vent, vous verrez plusieurs images du même soleil, et celles-ci vous sembleront agitées et impermanentes, n’est-ce pas ?

L'élève.

Certes, mais quel rapport avec le bonheur et avec l’art d’être heureux ?

L'Ami.

Cette image montre que si vous voulez percevoir la réalité, il faut dépasser les apparences et regarder dans la bonne direction. Cela revient à répondre correctement à ces questions : Qui suis-je ? Qui pose la question ? Dans quelle direction je regarde en posant cette question ?

L'élève.

Cela peut durer longtemps, toutes ces questions, toute cette incertitude.

L'Ami.

Plusieurs vies ne suffisent pas.

Les réponses que vous trouverez ailleurs qu’en vous-même, y compris lors de nos entretiens, risquent de vous égarer.

Ce qui n’empêche pas de vous donner quelques pistes pour orienter votre recherche.

L'élève.

L’espoir de m’en sortir renaît !

L'Ami.

Aller au-delà des apparences, c’est envisager la réalité à partir de votre être le plus profond. Tant qu’il y a des pensées, plongez plus profondément. Tant qu’il y a des émotions, poursuivez encore plus loin votre chemin vers le centre de vous-même. La méditation et la connaissance de soi commencent seulement lorsque les pensées et les émotions sont incluses, transmutées puis dépassées.

L'élève.

Pour l’instant, je ne peux que m’imaginer cet état. Comment faire lorsque mon corps est malade ou simplement agité ?

L'Ami.

Votre corps est votre meilleur guide. Il vous montre exactement ce qu’il faut guérir et apaiser. Écoutez-le, suivez-le, honore-le comme étant votre meilleur maître. Il connaît mieux que quiconque ce qui est nécessaire à son équilibre et à sa survie. Il est l’amour de votre vie, votre terre, votre lien avec la déesse de la terre, le trône de votre santé et l’écrin de votre bonheur.

L'élève.

Et que faire lorsque ma vie est pleine de rencontres et d’événements de toutes sortes au point que je ne sais plus où donner de la tête, et que les seuls temps de repos me sont offerts lorsque je m’effondre, épuisé ?

L'Ami.

Votre vie et ses rencontres sont vos meilleures aides pour mieux vous connaître vous-même.

Lorsque vous fermez les yeux, plongez au-delà de votre moi impermanent et morcelé, celui qui agite l’image de votre soleil intérieur à la surface de l’océan et qui survit dans l’écume des jours.

Enfoncez-vous dans l’immensité de votre être véritable, permanent, dans la paix profonde de votre terre.

Lorsque vous ouvrez les yeux, observez votre reflet sur les vagues de votre vie, et apprenez à y surfez avec élégance. Que vos raz de marée s‘évaporent à la vue votre sourire.

Soyez l’artiste de votre vie. Soyez un lieu d’accueil et de paix pour tous les êtres que vous rencontrez, sans exception, car ils ne sont rien d’autre que des parties de vous-même que vous ne connaissez pas encore.

Soyez l’explorateur et l’éclaireur de votre vie.

L'élève.

Mais vous me décrivez un état de perfection, dont je me sens encore fort éloigné !

L'Ami.

Alors voici mes conseils à ce stade de nos rencontres : accueillez-vous tel que vous êtes, aimez votre corps et votre terre.

Poursuivez inlassablement et paisiblement votre chemin en suivant le fil vers votre bonheur, en acceptant de faire chaque jour un petit pas.

N’attendez rien et ne cherchez jamais à atteindre la perfection.

Puissiez-vous connaître le bonheur de vous rencontrer vous-même à chaque instant, et mener une vie longue et heureuse.

A propos de systèmes.

L’élève.

Ma situation va de pire en pire…

L’Ami.

Assez de jérémiades. Pourquoi restez-vous dans votre zone de confort ?

L'élève.

Vous voulez dire, « dans votre zone d’inconfort » ?

L'Ami.

Si vous restez si longtemps dans votre situation, c’est justement parce que vous vous y êtes habitués. En cela, cette situation est devenue une zone de confort, certes relatif, mais c’est une situation qui a le grand avantage d’être connue.

Imaginez un parc dans lequel un mouton broute de l’herbe depuis toujours. Il se croit protégé.

Pour cet animal, l’inconfort, c’est d’oser s’aventurer vers le nouveau, vers l’inconnu. Mais s’il reste dans le parc, prisonnier du connu, il sera tondu puis abattu.

Sortir du parc est une question de survie. Mais cela demande beaucoup d’audace, d’imagination, d’intelligence, de détermination, de force, de courage et de persévérance, autant de qualités dont le mouton semble dépourvu.

L'élève.

D’une part, je ne vois pas de rapport avec ma situation. Je ne suis pas un mouton.

D’autre part, si le mouton de votre fable sort de son parc, il va devoir affronter les dangers de la vie sauvage qui sans nul doute ne manqueront pas de raccourcir considérablement la durée de son existence.

L'Ami.

La clôture du parc ne le met pas complètement à l’abri des dangers de la vie sauvage qu’il ne connaît pas et devant lesquels il n’a pas appris à se défendre.

C’est justement son ignorance et son conformisme qui le mettent en danger.

En évoquant l’image d’un mouton, je ne parlais pas de vous, mais de comportements de type mouton qui sont largement répandus parmi les humains. En hommage à Rabelais, ces comportements pourraient être dénommés comme étant l’effet Panurge.

L'élève.

Je me souviens. C’est l’histoire dans laquelle un homme s’est vengé en achetant le mouton directeur d’un troupeau, puis il l’a jeté dans l’eau. Le reste du troupeau a suivi, et toutes les bêtes se sont noyées.

L'Ami.

Les comportements auxquels notre ami Rabelais faisait allusion sont bien antérieurs à son époque et n’ont pas cessé depuis. Ils ont même tendance à être amplifiés, car tous les dirigeants tentent d’utiliser cette faille pour influencer leurs électeurs, leurs sujets, leurs employés et subalternes. Il leur suffit de faire croire aux autres qu’ils sont des moutons et qu’il doivent suivre le chef qui leur apportera la solution.

L'élève.

Comment voulez-vous que je m’en sorte si tout le monde s’y met ?

L'Ami.

En n’étant pas " comme tout le monde ". Cela revient à savoir qui vous êtes et à l’exprimer, car chaque être est différent de " monsieur tout le monde ". Il n’y a donc personne à suivre pour vous trouver vous-même.

L'élève.

Est-ce que cela signifie que pour me connaître, je dois aller vers l’inconnu ? Et pourtant, si cet inconnu, c’est moi, comment puis-je ne pas le connaître ?

L'Ami.

Ce moi dont vous parlez est en fait celui que vous croyez être.

Pour parvenir à dépasser vos croyances et vos conditionnements pour vous retrouver vous-même, il vous faut un miroir. Et ce miroir est la vie.

L'élève

Inutile de loucher dans des positions étranges et de s’astreindre à des disciplines extrêmes ?

L'Ami.

Les sports et le yoga peuvent aider, mais ils peuvent aussi égarer. Ce que nous visons ici est la connaissance de soi grâce au miroir le plus naturel qui existe en ce monde : la compagnie de nos semblables et la vie dans la nature.

L'élève.

Il faut remplacer l’effet Panurge par l’effet miroir !

L'Ami.

Évitez toutefois de vous laissez piéger par les miroirs aux alouettes, c’est à dire par les fausses apparences. Pour cela, énonçons la règle : "Ce que vous percevez à l’extérieur reflète ce qui se passe à l’intérieur de vous."

L'élève.

Je n’approuve pourtant en aucune façon les atrocités, les catastrophes, les mensonges, les abus, les guerres, les famines et l’enfer dans lequel vivent la plupart de mes semblables. Et je ne vois pas en quoi cet enfer est le reflet de celui qui se trouverait en moi !

L'Ami.

Les tissus de vos croyances, quelles que soient leur couleur et leur épaisseur, ne suffisent pas à étouffer le chant des jérémiades avec lesquelles vous avez débuté notre entretien.

Voyez-vous, une loi est une loi. Une vérité reste une vérité. Ainsi, cet enfer existe et prospère tant que vous ne réalisez pas ceci : "Ce qui se passe à l’extérieur de vous se passe en réalité en vous, car vous êtes Cela, le créateur de cela."

Ce que vous jugez, ce que vous rejetez, n’est autre qu’une partie de vous-même en souffrance.

L'élève.

Ouah !!!! Si c’est moi qui ai créé ce mal-être et cette misère, je regrette d’exister !

L'Ami.

En effet, celui qui doit disparaître est le jugement que votre ego porte sur ce qui est. Cet ego est votre juge, votre condamnation, votre bourreau. Sa sentence est la mort. Son arme est le conflit. Son dieu est la destruction. Son drapeau est l’orgueil. Son objectif, votre suicide.

L'élève

Trop fort ! Comment l’abattre ?

L'Ami.

Plutôt que de le tuer, je vous suggère de le dissoudre dans l’humilité.

Reconnaître sans jugement et accueillir sans conditions ce qui est, c’est un bon départ pour commencer à le transformer.

En réalisant que vous avez tout créé, que votre seul ennemi est vous-même, il y a des chances que vous perdiez l’envie de vous battre et de vous faire mal.

Alors, il devient possible d’ouvrir les yeux et de regarder le monde autrement.

L'élève.

Que dois-je regarder dans mon miroir ?

L'Ami.

Pour guérir de vos souffrances, vous devez réajuster les représentations que vous vous faites de vous-même et des autres. Cela revient à revoir les relations que vous entretenez avec vos différents systèmes. Les connaissez-vous ?

L'élève.

Les systèmes de croyances, de pensées, de valeurs…

L'Ami

Pas tout à fait. En fait les systèmes que vous évoquez sont pertinents lorsque l’on étudie la structure énergétique de l’être humain. C’est un sujet essentiel, mais il est prématuré de l’aborder maintenant. Les systèmes dont je voudrais vous entretenir à présent sont vos systèmes relationnels.

L'élève

Vous voulez parler de ma famille, de mes amis, de mes collègues dans les loisirs et au travail ?

L'Ami

Entre autres. Toutes vos relations s’emboîtent comme des couches de poupées gigognes, depuis votre naissance et jusqu’à votre dernier jour. Ces relations forment des systèmes auxquels vous appartenez. Le premier de vos systèmes est celui votre famille d’origine, et plus particulièrement celui que vous formiez avec votre mère.

L'élève

Et quels sont les autres systèmes en dehors de ceux déjà cités ?

L'Ami.

Les sociétés, les pays, les civilisations, la planète, le système solaire, la galaxie, l’univers forment des systèmes qui vous incluent. Mais aussi vos organes, vos cellules, les molécules et les atomes que vous incluez. Voyez-vous, chacun fait partie d’un tout qui émet et reçoit toutes sortes d’informations.

Si les informations que vous percevez traduisent des difficultés, des conflits et des souffrances, c’est qu’il existe un déséquilibre dans vos systèmes.

L'élève

Si je comprends bien, remettre de l’ordre dans mes systèmes permet de mieux me connaître et de rétablir de la fluidité dans mes relations avec les êtres et avec la vie.

L'Ami

C’est exact. Mais pour changer un comportement ancré dans vos mémoires cellulaires, sources de nos conditionnements inconscients, il faut repasser par le corps. En effet, une simple prise de conscience ne suffit pas.

L'élève.

Pour guérir le monde de mes souffrances, vous me conseillez une thérapie psycho-corporelle ?

L'Ami.

Si le symptôme persiste après le traitement systémique, il faut l’envisager.

L'élève.

Quel traitement préconisez-vous ?

L'Ami.

Il existe des groupes de constellations systémiques. Une constellation de groupe se déroule avec un constellateur, un représenté et des représentants.

Le constellateur pose un cadre bienveillant dans lequel l’exploration peut se dérouler en confiance.

Le représenté place dans l’espace des représentants qui incarnent en réalité non pas des personnes extérieures, mais les images que son inconscient a créées, et qui ne sont que des parties de lui-même en conflit.

L'élève.

Lorsque l’on lui demande de placer sa mère ou son père, le représenté sait-il qu’il ne met en scène que ses propres mémoires ?

L'Ami.

Le cerveau du constellé recrée une réalité virtuelle dans laquelle les parents représentés semblent extérieurs et bien réels. C’est comme au spectacle ou lors d’un rêve, lorsque le spectateur vit les situations fictives comme étant très réelles. Il ne fait pas semblant. Il revit émotionnellement les situations, ce qui permet aux mémoires inconscientes de réapparaître.

L'élève.

Qu’en est-il des représentants ?

L'Ami.

Ils restituent les sensations éprouvées. Ils ne connaissent pas les situations réelles, ni les personnes qu’ils représentent. Pourtant, ils arrivent à les incarner parfaitement. Leur mental n’est pas sollicité. Ils sont simplement en connexion par le corps avec le système du représenté. C’est une communication simple, directe et à distance de corps à corps par des sortes d’émetteurs récepteurs cellulaires.

L'élève.

Avant l’invention de la radio, on aurait parlé de magie ?

L'Ami.

Depuis la découverte de la génétique, on peut supposer que certaines protéines, des cellules nerveuses et une partie des chaînes d’ADN pourraient assurer cette fonction.

Heureusement, il n’est pas nécessaire de connaître la mécanique pour conduire une voiture. Ce qui compte est l’efficacité du fonctionnement et la pertinence du résultat.

Le fait que les représentants arrivent à capter et à restituer une réalité subtile, souvent non exprimée verbalement, est toujours un sujet d’étonnement et d’émerveillement pour les participants.

L'élève.

Quel est le rôle du constellateur ?

L'Ami.

Le champ inconscient fonctionne à la fois sur le plan énergétique et sur le plan symbolique. Le placement des représentants manifeste dans l’espace une dimension symbolique. Le constellateur a été formé pour comprendre cette dimension. Il est donc capable d’écouter le ressenti des représentants et de voir ce qui est à sa juste place dans un système et ce qui ne l’est pas. Il sait également que le système évolue naturellement vers son état d’équilibre.

L'élève.

Si le système peut revenir à l’équilibre naturellement, pourquoi consteller ?

L'Ami.

Une constellation systémique traduit dans un premier temps les jugements, les blocages, les déséquilibres et les dysfonctionnements des représentations. Ainsi mis en lumière, l’ordre peut se rétablir, des liens se recréer et le système évoluer ensuite vers un état de meilleur équilibre qui permet à la vie de circuler plus librement.

L'élève.

Je comprends mieux comment ce que je perçois à l’extérieur est le reflet de mon état intérieur, et la projection de ma réalité cellulaire et inconsciente.

L'Ami.

Lorsque votre vision de vous-même et du monde est guérie, vous pouvez évoluer vers vos autres dimensions. Vous nous y retrouverez.

Sortir de la prison.

L’élève.

Cette fois-ci, tout va bien pour moi !

L’Ami.

Vous voici à présent dans le déni.

L'élève.

Comment cela ? La dernière fois, j’ai commencé par me plaindre, et vous m’avez demandé de ne pas faire la pleureuse ! Et maintenant, lorsque je suis content, vous me demandez d’aller la chercher?

L'Ami.

Dire que tout va bien est aussi irréaliste et excessif que d’affirmer le contraire, à savoir que rien ne va plus. Le vantard et la pleureuse forment un couple pathologique qui ne peut engendrer que le conflit, la maladie et la souffrance.

L'élève.

Selon vous, je n’ai le droit d’être ni malheureux, ni heureux?

L'Ami.

Le problème vient de l’excès. Être totalement heureux ou totalement malheureux reste du totalitarisme. Or l’équilibre se trouve dans la mesure et dans la modération.

L’écoute subtile vous permet de rester en contact avec la totalité de vos cellules, y compris avec celles qui sont en difficulté, voire en apoptose.

L’humilité vous permet de rester en contact avec les autres humains, y compris avec ceux qui traversent d’importantes difficultés et qui portent de profondes cicatrices.

L'élève.

Mon super héros préféré est donc un extrémiste ?

L'Ami

L’extrémisme, c’est d’oublier que vous êtes le héros de votre propre vie, c’est de croire que quelqu’un d’autre peut l’être à votre place. Pire encore, c’est de vouloir être le sauveur dans la vie d’autrui.

L'élève.

Vous voulez dire que personne ne peut aider personne ?

L'Ami.

Attention aux nuances. En effet, personne ne peut sauver personne. Personne d’autre n’a besoin d’être sauvé en dehors de vous-même. Et le seul sauveur pour vous est vous-même.

Par contre, lorsque l’entraide est dénuée de toute intention de sauver, elle constitue la base des relations saines entre les êtres.

L'élève.

Voilà qui me semble plus clair maintenant.

J’ai eu le cas aujourd’hui d’une personne âgée, immobilisée dans son fauteuil roulant, qui se plaignait d’être dans la maison de la mort. Sa voisine de chambre était morte la veille, et son voisin le jour-même.

Lorsque je lui a dit d’arrêter de faire sa mauviette, j’ai donc tout faux ?

L'Ami.

En général, pour ce genre de propos, la réaction est immédiate : c’est un bon-bon coup de cane, bien mérité. J’espère que vous courez vite et que l’homme n’a pas réussi à vous rattraper.

L'élève.

Je complète en effet ma formation en psychothérapie par un entraînement intensif à la course à pied.

L'Ami.

Le fin psychologue que vous êtes doit certainement être qualifié pour les prochains jeux olympiques dans la catégorie coureurs du 100 m.

L'élève

Je pratique cette devise : « Mens sana in corpore sano », un esprit sain dans un corps sain.

L'Ami.

Vous maîtrisez la psychologie des grands champions. Cela vous honore.

Mais plus sérieusement, que lui avez-vous vraiment répondu ?

L'élève.

Qu’il était dans un aéroport, dans la salle des départs pour les grands voyages. Alors, au lieu de regarder vers le trou du cimetière, il a relevé la tête, fermé les yeux et semblé s’apaiser.

L'Ami.

Belle image en effet. Les maternités, comme salle des arrivées, les services gériatriques, comme salle des départs.

Vous avez sans doute été inspiré par un sentiment naturel et spontané d’humanité. Sa réaction le confirme.

Il est temps d’aborder maintenant le sujet de notre entretien : l’homme dans sa structure subtile. Que connaissez-vous à ce propos ?

L'élève.

Si vous devez me faire un cours de yoga ou de qi gong, je vais tout de suite chercher mon bonnet de nuit.

L'Ami.

Je vois que vous êtes également un champion de la sieste.

L'élève.

J’ai peut être un bonnet, mais je ne suis pas benêt !

Disons que j’entretiens mes chakras.

L'Ami.

En quoi cela consiste-t-il ?

L'élève.

Les trois chakras du ventre me donnent la maîtrise du physique, du sexe et du pouvoir. Les trois chakras supérieurs concernent l’expression, l’intelligence et l’intuition. Au milieu, au centre de la poitrine, le cœur mène la danse.

L'Ami.

On peut dire que vous avez le cœur à l’ouvrage !

L'élève.

J’aime ce qui est simple et pratique.

L'Ami.

Je vais essayer de me mettre à votre portée.

Avez-vous entendu parler des trois mondes ?

L'élève.

Bien sûr, cela correspond aux trois feux.

Le feu de la terre, de la nourriture et de la vie. Donc le feu du ventre.

Le feu de l’air et de l’eau, le tonnerre. Donc le feu de la respiration et du cœur.

Et le troisième, le feu du ciel, solaire, soit le feu de la tête.

Il peut y avoir d’autres présentations, mais je choisis celle qui m’est la plus utile. Ainsi, lorsque je mange et bois, je nourris ma terre et je nourris la vie. Lorsque je respire, je fais circuler la vie. Lorsque je médite dans le cœur, j’accède à l’illumination.

Ainsi parfois, il est vrai, je suis un peu allumé.

L'Ami.

Mais quelques cours à l’école de la modestie vous ont remis dans le droit chemin.

L'élève.

En effet, j’ai assez parlé. Maintenant je vous écoute.

L'Ami.

Les trois mondes que je souhaite évoquer avec vous sont, pour rester simple et pratique, les mondes de l’évidence, du subtil et de l’invisible. Ils concernent votre structure ainsi que celle de l’univers qui nous entoure.

Si le monde de l’évidence est accessible aux sens premiers, le subtil et l’invisible sont accessibles seulement par des sens subtils et invisibles.

L'élève.

Les sens du corps physique, je connais. Il s’agit du toucher, du goût, de l’odorat, de l’ouïe et de la vue. Les organes des sens correspondants sont la peau, la bouche, le nez, les yeux et les oreilles.

Mais les sens subtils, quels sont-ils ? Même question pour les invisibles. S’agit-il de ce que l’on appelle le sixième sens, celui qui est bien mystérieux, voire inconnu pour la plupart d’entre nous ?

L'Ami.

Puisque cela vous est inconnu, oubliez pour un temps tout ce que vous pensez connaître à ce sujet.

Le monde de l’évidence se compose de quatre niveaux d’énergie. De même, votre structure évidente se compose de quatre corps qui vous servent d’interfaces avec le monde.

Le premier niveau d’énergie est le corps physique et vous met en contact avec le monde matériel.

Le deuxième est fluide, énergétique, éthérique. C’est le contact avec le monde des sensations et des influences.

Le troisième est intense, émotionnel, réactif.

Le quatrième est sentimental et mental. Il permet de percevoir le monde des croyances et des idées.

L'élève.

Votre description me fait penser à la théorie des trois cerveaux. Le reptilien, ou cerveau archaïque, en charge des fonctions vitales et des émotions primaires, le limbique qui gère les sentiments et le néocortex qui donne accès à la réflexion.

L'Ami.

Certes, mais ce qui nous intéresse ici, c’est que la force de ce monde est centripète, contractante. C’est le monde de la survie, gouverné par la peur, par l’égoïsme, par la résistance et par le conflit, surtout dans les trois premiers niveaux.

C’est la raison pour laquelle l’évolution d’un niveau à l’autre demande du temps et entraîne autant d’ignorance et de souffrances.

L'élève.

Vous voulez dire que nos sentiments et notre intelligence peuvent aussi être prisonniers de la peur ? Pourtant, leur expression est souvent très noble et élevée, dans l’art, dans la science, mais aussi dans les belles actions de la vie quotidienne.

L'Ami.

Pour accéder au niveau mental, l’individu a dû apprendre à maîtriser ses pulsions et son agressivité, à discipliner sa force et sa volonté, à réfléchir. C’est le résultat d’une évolution longue et difficile. Il peut en être fier.

Mais au niveau sentimental et mental, l’égoïsme se manifeste de manière plus élaborée. La possessivité peut prendre le masque des bons sentiments. Derrière les sciences élaborées par le mental se cache le désir de contrôler, de dominer, d’avoir raison. Le conflit reste encore présent, comme art et comme science.

Le mental est tellement fier de ses réalisations qu’il en vient à nier les mondes supérieurs, privant ainsi l’individu de tout accès au monde subtil de l’âme et au monde invisible de l’esprit.

L'élève.

L’humanité serait-elle prisonnière de son mental en détruisant son environnement ?

L'Ami.

Elle est esclave de l’égoïsme, à tous les niveaux.

Accéder au subtil est l’étape suivante de son évolution. L’accès au subtil se fera par le corps, car le corps est le miroir de l’âme. Pour échapper à son auto-destruction, l’humanité doit retrouver son âme.

Mais comme il se fait tard, nous explorerons le monde de l’âme dans notre prochain entretien, si vous le souhaitez.

L'élève.

La prochaine fois, je me ferai donc plus subtil car je sens que le contenu sera important.

 L'Ami.

Puisse votre intelligence mettre à profit le temps qui nous sépare de notre prochain entretien pour cultiver votre sensibilité et votre subtilité. Et nous nous reverrons sans tarder.

La Belle au Bois Dormant et le chemin de l’Âme.

L’élève.

Bonjour, cher Ami. Cette fois-ci, je suis prêt à vous écouter.

L’Ami.

Je n’en suis pas si sûr, car vous semblez avoir oublié un élément essentiel de notre premier entretien.

Êtes-vous réellement prêt à nous entendre ?

L'élève.

Vous voulez dire qu’entendre ne peut se réussir que lorsque l’engagement dans cette action est intégral, et que j’aurais dû dire : « nous sommes prêts à vous entendre. » ?

L'Ami.

Tout à fait. L’écoute intégrale exige de l’attention, de la présence, du silence et de la subtilité. Les animaux dans la forêt doivent leur survie à la maîtrise de cette pratique. Vous pourriez vous en inspirer.

L'élève.

Quel animal dois-je choisir : le chevreuil, le lièvre, le hibou, la chauve-souris ? Ou plus exotique : l’éléphant avec ses grandes oreilles ?

L'Ami.

Choisissez l’animal qui vous inspire le plus et qui vous semble le plus subtil.

Si vous choisissez l’éléphant, vous risquez d’être lourd et de ne pas pouvoir visiter les magasins de porcelaine. Évitez donc de prendre pour modèle un animal qui risque de vous attirer des quolibets et des noms d’oiseaux.

L'élève.

Un de mes totems favoris est la chouette, car elle sait écouter le moindre bruit. Elle est patiente. Elle peut atteindre sa cible avec précision, en silence, malgré l’obscurité. Elle réduit la population des ravageurs qu’elle consomme avec modération. Elle est un bienfait pour la forêt.

L'Ami.

Vous préférez donc imiter la chouette pour explorer le monde subtil. Soit.

Comme je vous l’ai déjà indiqué, seuls les sens subtils vous permettent de vous engager dans l’écoute subtile et dans l’exploration de votre univers intérieur.

Les humains se sont tournés vers le monde extérieur depuis si longtemps que leurs sens subtils se sont atrophiés.

De ce fait, leur perception de la réalité se trouve tronquée, limitée, déformée.

L'élève.

Cela me rappelle le conte de la Belle au Bois Dormant. En effet, à sa naissance, un mauvais sort condamne la princesse à s’endormir dans son château, jusqu’à ce qu’un prince charmant vienne la réveiller et la délivrer sur les ailes du dragon qu’il a dompté en chemin.

L'Ami.

Comment interprétez-vous ce conte, dans le cadre du sujet de notre entretien ?

L'élève.

Je dirais que tous les personnages sont des aspects d’un être humain. En ce qui concerne les principaux acteurs de ce conte, la sorcière et le mauvais sort incarnent l’égoïsme et la jalousie. La Belle est l’âme, le prince chevalier est la conscience, le dragon est l’énergie de vie et de l’inconscient. Le château est le corps et la jungle, le monde. Il faut donc maîtriser le dragon pour retrouver son âme.

L'Ami.

C’est très bien, mais vous oubliez l’essentiel : ce conte est avant tout une histoire d’amour. Il montre que le chemin de l’âme est la voie de l’Amour. C’est la raison pour laquelle les mots Âme et Amour ont la même racine.

L'élève.

Si je comprends bien, les humains ont perdu leur âme en oubliant l’Amour.

L'Ami.

A travers toutes leurs activités, dans toutes leurs rencontres, dans toutes les directions, ils ne font que rechercher cet Amour. Mais comme toutes leurs activités se réalisent à l’extérieur, ils ne le trouvent pas.

En ne rencontrant que des êtres en quête de leur complément, ils sont sans cesse déçus de ne pas trouver dans leurs semblables cet Amour intégral qu’ils recherchent tous désespérément.

Ils explorent le monde, sur cette planète et vers les autres, ils le cherchent partout, en vain.

Car cet Amour se trouve dans le subtil, au fond d’eux-mêmes.

L'élève.

Donc selon vous, c’est mon âme que je recherche dans le monde. Si je comprends bien, il suffit de se souvenir de l’Amour et d’écouter à l’intérieur pour retrouver son âme.

L'Ami.

C’est votre âme que vous fuyez dans le miroir du monde.

N’oubliez pas la peur du dragon. Le retour à l’Amour fait peur. Pour comprendre, faisons une petite expérience.

L'élève.

Je suis tout ouïe.

L'Ami.

Fermez les yeux. Posez vos pieds bien à plat sur le sol. Détendez-vous complètement...

Que percevez-vous dans votre corps ?

L'élève.

De l’agitation, l’envie d’être ailleurs, des inconforts, le besoin de faire quelque chose, d’aller voir les amis, de me promener, de magasiner, de lire…

L'Ami.

Poursuivons, vous parvenez maintenant à observer, accueillir et à intégrer ces turbulences, à vous détendre plus profondément. Vous écoutez.

Que ressentez-vous ?

L'élève.

Il y a du silence, de la solitude, du vide… De la peur.

L'Ami.

Pouvez-vous continuer à écouter ce qui se passe en vous et poursuivre votre exploration ?

L'élève.

J’ai peur, peur de tout perdre, d’être abandonné, de mourir, de disparaître, de ne plus exister… J’ai envie de fuir cet état… Le sommeil n’est pas loin…

L'Ami.

Monseigneur au bois dormant, dois-je aller vous chercher votre princesse charmante ?

L'élève

Chouette alors !

L'Ami.

Vous préférez votre petit doudou !

L'élève.

Tout compte fait, je préfère l’option Star Trek, c’est à dire vivre l’aventure et épater ma belle.

L'Ami.

Cher ami, la nouvelle frontière, ce n’est pas l’exploration des belles, des planètes et des étoiles, c’est l’aventure intérieure.

L'élève.

Tout cela est clair, et j’entends ma chouette hululer d’impatience à l’idée d’explorer le monde subtil de l’Âme.

L'Ami.

Le paradoxe, c’est que le subtil n’est pas accessible par les concepts ni par les explications du mental. Rien ne remplace l’expérience directe. Ce qui suit est donc la pose d’un panneau indicateur en direction de vous-même. Une sorte de miroir.

L'élève

Avec tous les miroirs que vous évoquez, j’ai l’impression de me perdre dans un labyrinthe.

L'Ami.

Saviez-vous que la sorcière de votre conte était une reine avant d’être déchue ? Et savez-vous quelle fut la cause de sa disgrâce ?

L'élève.

Sans hésiter, je dirais sa verrue sur son nez tordu. Peut-être un peu de poil au menton. Une haleine à étourdir les mouches. Vu l’odeur, pas sûr qu’elle se lave souvent. Sa manière de se coiffer et de s’habiller, une vraie misère. Autour d’elle, il y a beaucoup trop de toiles d’araignées, le ménage laisse vraiment à désirer. Si elle n’était pas aussi méchante, je dirais qu’elle est dépressive. Elle a manqué d’amour, cette femme.

Quant à son conseiller, le miroir magique, c’est le comble du désastre. Il n’arrête pas de lui dire la vérité.

L'Ami.

Je suis d’accord avec vous, sauf concernant le dernier point, le miroir magique. Son miroir n’arrête pas de lui mentir. Savez-vous pourquoi ?

L'élève.

Il ne peut quand même pas montrer l’image d’une reine digne de ce nom.

Elle ne peut pas faire comme Narcisse, qui trouvait son reflet si beau qu’il en était amoureux. Au point qu’il finit par se noyer en tombant dans un lac à la surface duquel il pouvait se voir. Le pauvre ne savait pas nager.

L'Ami

Le mensonge, c’est quand la reine s’identifie à son reflet, c’est quand elle confond l’image qu’elle voit à l’extérieur dans le miroir et ce qu’elle est. Sa perte, c’est de chercher à retrouver et à réparer à l’extérieur ce qu’elle doit retrouver et réparer en elle-même.

De même pour Narcisse, amoureux de lui-même. Sa perte, c’est de s’oublier lui-même en contemplant son reflet.

L'élève.

D’où l’intérêt d’apprendre à nager. Mais je reconnais que savoir nager n’empêche pas de se perdre, ni de se noyer.

L'Ami.

Ni de noyer le poisson. Car nous devions évoquer le chemin de l’Âme qui commence justement à partir du moment où la princesse se réveille.

L'élève.

On raconte qu’ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants. La version adulte donne plus de détails…

L'Ami.

Restons sur l’essentiel.

Le monde de l’Âme est constitué de quatre niveaux.

Les connaissez-vous ?

L'élève.

Je pensais qu’il y avait sept ciels et que l’expression « atteindre le septième ciel » faisait partie des détails que l’on réservait aux adultes…

L'Ami.

Là, vous confondez avec vos chakras, ces organes éthériques. Soyez un peu plus subtil. Ici, nous parlons des quatre niveaux de l’Âme.

L'élève.

Je les ignore.

L'Ami.

Pas étonnant. Ce chemin est encore peu exploré. Pour ne pas vous perdre, restons dans le contexte du conte.

Le premier niveau est celui du triomphe sur le dragon. C’est un stade dans lequel l’explorateur réalise que ses seuls adversaires sont ses propres démons.

Combattre le dragon, c’est apaiser les inconforts et les tensions, lâcher-prise et laisser partir ce qui n’a plus de sens ou qui est toxique. De ce fait la force vitale est libérée de sa brutalité et transmutée en puissance d’élévation.

C’est un niveau dans lequel l’humain prend conscience des causes et des conséquences de ses actions, dans lequel il peut en assumer la responsabilité, faire d’autres choix, élever sa conscience. Il intègre les leçons de ses expériences.

Ce niveau supra mental, aussi appelé supra-astral, correspond dans le corps au système digestif, d'assimilation et au système d'élimination.

Dans l’histoire originelle, lorsque le dragon est dompté, il devient une licorne ailée.

L'élève.

Je me suis toujours demandé à quoi servait la corne de la licorne.

L'Ami.

Cette corne se trouve sur la tête, à la place du troisième œil. Elle symbolise la clairvoyance, la clarté du corps de lumière. Ici, l’individu voit loin avec une intelligence pénétrante. L’inspiration est présente dans la créativité, dans l’élan vers la vie. Le corps de lumière correspond au système de reproduction.

L'élève.

La corne serait donc un organe de reproduction ?

L'Ami.

Quand votre organe de reproduction se trouvera sur votre front, c’est que vous aurez réussi à élever et à transmuter vos besoins de reproduction en capacités de production et de création.

Pour cela, il ne faut pas avoir la vue basse et la pensée mal placée.

L'élève.

D’accord.

Ma chouette possède un point commun avec la licorne Pégase, ce sont les ailes. Elle peut aussi voler. Cela a-t-il une relation avec le troisième niveau de l’Âme ?

L'Ami.

Certes. On peut appeler ce niveau le plan céleste. Ce niveau est en relation avec le fonctionnement du système endocrinien dont l’objectif est la mesure, l’équilibre, la régulation. Comme lorsque l’individu manifeste ses qualités de patience et d’équanimité.

L'élève.

Et quel est le quatrième corps de l’Âme ?

L'Ami.

C’est le retour au royaume. La consécration. La sainteté.

L'élève.

On est parti de la fusillade des combats terrestres pour arriver aux canons de la canonisation. La paix, c’est pour quand ?

L'Ami.

La sainteté n’a rien à voir avec les canons et les icônes.

La sainteté, c’est être capable de réaliser que la vie est sacrée, que la vie est un miracle.

C’est aussi réaliser que nous sommes les miracles de la vie dans ce monde, chacun d’entre nous. C’est réaliser que notre devoir, c’est d’honorer ce miracle en remettant l’Amour sur le trône.

La sainteté, c’est vivre dans l’Amour.

Les qualités de l’Âme permettent de guérir du passé, des traumatismes, de pardonner en retrouvant notre intégrité originelle. Ces qualités sont l’appréciation, le contentement et la gratitude.

Dans le corps de la consécration, des liens solides se rétablissent entre les êtres, des liens d’entraide dans lesquels circule l’Amour. C’est la raison pour laquelle ce corps est à relier aux ligaments et à la circulation sanguine dans le corps humain.

Ainsi, l’Amour guérit tout et amène aux portes de l’Esprit.

L'élève.

La sainteté me paraît encore bien éloignée de ma vie quotidienne. Ma licorne a sans doute gardé quelques écailles de dragon…

L'Ami.

Certes, le chemin de l’Amour est encore peu fréquenté chez les humains poursuivis par leur dragon. Mais si vous êtes ici, c’est que votre monstre ne vous a pas encore complètement dévoré.

La prochaine fois, nous vous révélerons des secrets qui vous permettront de renverser la situation.

En attendant, n’oubliez pas votre chouette. Elle aussi vous révélera bien des secrets.

L'élève.

Elle n’est pourtant pas très bavarde.

L'Ami.

C’est pour que vous appreniez à écouter.

Puisse l’écoute subtile vous guider dans l’espace infini de l’Amour, vers la vérité, vers la liberté, vers l’universalité et vers l’immortalité.

Nous y veillerons. 

La révolte ou la Paix.

L’Ami.

La plupart des enseignements diffusés sur cette planète doivent être adaptés au niveau de compréhension bridée des humains et à leur faible capacité de concentration.

De ce fait, les enseignements de l’Amour qui correspondent au niveau de l’Âme sont les plus diffusés. Car il faut en passer par là et bien les maîtriser pour atteindre le niveau suivant, celui de l’Esprit.

Mais les bridages dont sont victimes les humains font que même les enseignements de l’Amour sont largement dénaturés, voire même pratiqués à l’envers. D’où la prolifération des fausses doctrines et des idéologies de toutes sortes.

L'élève.

Je suppose que vous pensez aux prophètes de l’intolérance, aux éveillés absents et éthérés, aux bondieuseries des bigots passéistes, aux refoulements pervers des intégristes castrés, et aux fanatismes identitaires qui pullulent en ce moment ?

L'Ami.

Devant votre tableau, devrions-nous avoir peur d’incarner l’Esprit ?

L'élève.

En tenant des propos en dehors du religieusement et du politiquement correct, je crains pour votre sécurité, sinon pour votre survie. Les kalachnikovs sont de nos jours beaucoup plus répandues que les croix et les bûchers car elles sont beaucoup plus efficaces.

Sans compter les variantes juridiques et médiatiques qui peuvent se comporter, pour les dissidents de l’ordre établi, comme de véritables armes de destruction massive.

L'Ami.

Soyez rassuré, cher ami, l’Esprit n’a pas besoin de gilet pare-balles. En effet, on ne peut atteindre l’Esprit invisible sans l’Amour.

L’ego voit le mal partout et le monde à l’envers. La réalité le dépasse. C’est lui qui vous empêche d’embrasser et de guérir ce que vous avez créé.

L'élève.

Alors selon vous, il faut que j’aime ce spectacle, même s’il est outrancier et hideux, sous prétexte qu’il est la projection de ce que je suis ?

L'Ami.

Ce que vous voyez à l’extérieur n’est pas seulement la projection de ce que vous êtes, mais aussi de ce que vous étiez, ainsi la projection de vos jugements sur vous-même et sur votre passé.

Ne méprisez pas ce qui vous a aidé et ce que vous avez aimé, même si le vêtement que vous avez porté est devenu à présent trop petit. Alors observez comment ces vêtements démodés pour vous peuvent être utiles à d’autres.

Constatez combien l’attachement au passé et à vos possessions vous empêchait de vous adapter au changement et obstruait votre accès à l’Esprit.

Reconnaissez que derrière vos replis identitaires, parfois voilés, vers les traditions passées, se masquait en réalité votre peur du renouveau et de l’universel.

Souvenez-vous que l’étroitesse de votre esprit n’était que la manifestation de votre immaturité et que votre croissance a été longue et souvent douloureuse.

Admettez qu’en cherchant des guides autour de vous, vous cherchiez à fuir la peur de vous connaître vous-même et de l’assumer…

L'élève.

Vous en avez encore pour longtemps avec tous ces reproches ?

L'Ami.

Tant que vous persisterez à vous sentir différent et séparé des autres et de votre création, et tant que vous resterez accroché à vos rigidités, vous subirez les assauts des vagues de la vie, dont la violence n’est autre que celle de vos jugements sur elle.

Et tant que vous rejetterez ce passé que vous percevez autour de vous, il restera votre présent.

En fait, ces observations ne sont pas des reproches. Elles vous mettent devant un choix. Voulez-vous rester prisonnier de votre passé, ou vous en libérer ?

L'élève.

Vous me demandez de cesser de juger et de condamner ce qui ne me plaît pas ?

L'Ami.

Je ne fais aucune concession à votre orgueil qui tient absolument à vous maintenir endormi dans son monde de séparation et de supériorité.

La première marche de l’Esprit est la Vérité, et cette Vérité vous libérera de l’illusion. Mais pour monter sur cette marche, l’humilité est de rigueur.

Voyez-vous, l’Esprit et son expression, l’Amour ont un point commun, ils sont révolutionnaires. Et ceux qui s’engagent sur cette voie sont des novateurs non violents qui ne répondent jamais à la violence par des jugements, par des condamnations et par des exécutions.

L'élève.

Alors pourquoi tant de haine envers les pacifistes qui incarnent l’Esprit ?

L'Ami.

Lorsqu’elle sent, pense et agit sous l’influence de son ego, c’est à dire en dehors de l’Amour, il est inévitable que l’humanité manifeste sa peur et son intolérance avec férocité. L’orgueil est habile et sait identifier son ennemi mortel qu’est l’Amour.

L'élève

Cette peur est un implant redoutable.

L'Ami

Cette peur est ancestrale, elle existe depuis l’instant où vous vous êtes crus séparé de l’Esprit. Elle découle de l’orgueil.

On peut identifier d’autres implants et leurs ramifications. L’ignorance, la tristesse, l’ennui, le doute, la honte, le blâme, la haine, la culpabilité, la colère, les regrets, etc.

L'élève.

D’où viennent ces implants ? Ce n’est quand même pas moi qui les ai posés.

Comment fonctionnent-ils et comment s’en libérer ?

L'Ami

Pour trouver les coupables, il faut enquêter sur l’histoire de l’humanité. Mais attention, la réponse que vous attendez dépend du niveau de conscience auquel vous vous placez.

L'élève.

Par exemple, faut-il chercher les coupables parmi les victimes, leurs bourreaux ou chez les sauveurs ?

L'Ami.

L’ego peut effectivement habiter tous ces masques.

L'élève.

Alors laissez-moi vous raconter l’histoire de l’humanité telle que je la connais.

L'Ami.

S’il vous plaît, soyez concis, car cela pourrait prendre plusieurs millénaires.

L'élève

Je vais donc être aussi succinct que possible.

Les responsables de mes implants sont mon père et ma mère qui se sont embrouillés dans le mode d’emploi de ma fabrication.

Ce n’était pas de leur faute, car leurs propres parents avaient été perturbés par des crises à répétition, menées depuis la nuit des temps par des seigneurs de la guerre.

Avant, les préhistoriens sont perplexes et divisés entre différentes théories. Les plus intéressantes sont peut-être celle de la fatalité et celle du complot.

L’école dominante affirme que les premiers combats commencèrent dans les cavernes à coup de lances et de silex bien aiguisés, contre des meutes de monstres velus aux griffes acérées montrant parfois des dents de sabre. Puis les rescapés se disputèrent pour se partager le butin et la zizanie commença.

Entre deux éruptions volcaniques, tremblements de terre, incendies, inondations, glaciations, épidémies et autres calamités, nos ancêtres ne faisaient pas de vieux os.

Selon cette théorie, les implants sont dus à la fatalité.

Mais l’école complotiste prétend avoir trouvé les vrais coupables. Ce seraient les anciens dieux des mythes et des légendes.

C’est un peu comme dans la planète des singes, mais à l’envers.

Selon cette hypothèse un peu farfelue, il y a bien longtemps, de vrais ogres extra-terrestres égarés dans l’espace seraient arrivés sur notre planète. Après leur si long voyage, ils étaient très affamés. Il ne leur était pas difficile de passer pour des dieux auprès de nos ancêtres, d'en faire leurs esclaves et de garnir ainsi leur garde manger.L’implant de la victime a alors été largement diffusé.

Sans doute rassasiés dechair humaine, ces vampires s’éclipsèrent, confiantla garde de notre enclos à des êtres conditionnéspar les implants du bourreau oudu sauveur.

Que cela soit dû à la fatalité, à un complot ou à une autre raison, la situation de mes semblables ne me fait pas rire. Vive l’implant de l’humour.

L'Ami.

Je constate que vous êtes bien documenté.

L'élève.

C’est le fruit de longues années de recherches.

L'Ami.

Sans oublier les quelques heures passées sur les bancs de l’école de la modestie.

L'élève.

Il est vrai que mon passage sur les banc de cette école fut un peu court et que ma formation est sans doute encore incomplète.

L'Ami.

Alors, permettez-moi de compléter votre information.

L'élève.

Puis-je vous demander de rester concis ?

L'Ami.

Certes, nous allons résumer.

L’histoire des implants peut être envisagée à deux autres niveaux, celui de l’Âme et celui de l’Esprit.

Commençons par l’Esprit, car c’est le plus simple.

L'élève.

Encore faut-il avoir de l’esprit, et savoir de quoi on parle. En ce qui me concerne, je n’en suis pas sûr.

Vous voyez, les cours à l’école de la modestie m’ont laissé quelques traces et j’ai conscience de mes lacunes.

L'Ami.

Sachez que l’Esprit se trouve au-delà des mots, y compris des bons mots.

D’abord, il est impossible de l’avoir.

Il est par nature indéfinissable.

L’Esprit est invisible dans ce monde.

Simple dans son l’unité, il est proche de tous.

Diversifié dans ses différentes manifestations, il est universel.

Inaltéré, invariable, au-delà de l’illusion du temps et de l’espace, il est immortel.

Il est l’éternel renouveau. Il est l’alchimiste de la vie.

Les histoires de vos implants ne le concernent pas.

L'élève.

La description que vous faites de l’Esprit m’en donne une image inhumaine, ou supra-humaine, bien éloignée de ma condition de simple mortel.

L'Ami.

Vous considérer comme étant un simple mortel, et pourquoi pas un pauvre pêcheur, c’est donner la parole à l’un de vos implants, celui du déshonneur.

Cet implant vous empêche de devenir humain, de réaliser votre humanité et de prendre votre juste place parmi vos semblables. Cet implant est très banalisé.

Il insulte votre être véritable et sa manifestation incarnée.

L'élève.

Alors, si vous pouviez m’indiquer où trouver l’Esprit, je n’aurais pas besoin de remplir un formulaire au bureau des objets trouvés.

L'Ami.

Inutile d’aller si loin. Votre corps vous donnera accès à l’Esprit si vous savez l’aimer et le considérer de manière sacrée.

L'élève

Comment se fait-il que je ne m’en sois pas aperçu avant, et qu’il faille que vous me l’expliquiez ?

L'Ami

Vous aveugler pour vous rendre docile et soumis sous prétexte de modestie est une des fonctions de vos implants.

Enlevez ce bandeau. Débarrassez-vous des entraves de vos croyances, de vos opinions, de vos attentes, de vos frustrations, de vos peurs, et vous serez libre.

Le premier corps de l’Esprit est celui de la Vérité. Pour cela, il faut d’abord ouvrir les yeux et éveiller tous vos sens. Puis élargir votre point de vue.

Accueillir le monde tel qu’il est, est un bon début. Ne voir ensuite que le bien, c’est guérir de leurs défauts votre vue et le monde que vous avez créé.

Le corps de la Liberté est présent dans le système nerveux. Il se développe en cultivant la détente et en se plongeant en vous-même, dans votre terre, dans la Paix.

Le corps de l’illumination se trouve dans le cerveau sous la forme d’un cristal de lumière invisible. Lorsque ce cristal est libéré par la Paix, il permet au corps de se régénérer.

Le corps de l’Immortalité se trouve dans votre Cœur. Il permet de vous unir au Tout, de vivre dans la plénitude et d’incarner pleinement votre essence divine.

L'élève.

Cela m’évoque quelques souvenirs de la voie Taoïste.

L'Ami.

Après avoir pratiqué le yoga, vous êtes allé en Chine ?

L'élève.

J’ai simplement rencontré des pratiquants de Qi Gong, chassés de leur pays d’origine par la guerre et par la révolution. Ils ont réveillé en moi quelques souvenirs sans doute acquis dans des vies antérieures.

Par contre, les subtilités du livre des transformations, le Yi King, ainsi que celles du traité de l’Empereur Jaune, m’ont un peu échappé.

L'Ami.

Très bien, cela vous permettra de nous résumer l’essentiel. Nous vous écoutons.

L'élève.

Selon ces pratiquants, il existe quatre niveaux, correspondants à quatre voies successives.

La première voie est celle du guerrier et des pratiques martiales. Elles ont pour but de canaliser et de maîtriser la force du centre vital ventral, appelé Dan Tien inférieur.

La seconde est celle du guérisseur. Elle vise à éveiller le Dan Tien médian par la compassion et le service désintéressé.

La troisième voie est celle de l’Éveillé, pour ceux qui recherchent l’illumination en éveillant leur Dan Tien supérieur par la connaissance de soi.

La voie secrète est celle des sages immortels qui, ayant éveillé les Dan Tien correspondants aux trois niveaux de base, sont capables de les fusionner. Ils atteignent de surcroît la maîtrise des cinq éléments et des pouvoirs supra-humains.

Mais à chaque étape, la déviation vers le côté obscur est possible. Que voulez-vous, il y a des dictateurs, des charlatans et des illusionnistes doués partout, même en Chine.

L'Ami.

Avez-vous déjà rencontré un sage immortel ?

L'élève.

Vous, bien sûr.

L'Ami.

Je suis simplement votre Ami.

L'élève.

Vous êtes certainement le directeur de mon école de modestie.

L'Ami.

Et pourquoi ne pas considérer que je suis une part de vous-même ?

L'élève.

C’est sans doute possible, puisque tout ce qui m’entoure et tous les êtres que je rencontre sont des reflets de moi-même.

Mais je me pose encore beaucoup de questions et je me sens un peu perdu devant autant d’informations.

L'Ami.

Par conséquent, il est temps de conclure.

Quelle question est pour vous la plus importante ?

L'élève.

La voici. Comment incarner l’Esprit dans ma vie quotidienne ?

L'Ami.

La vie est toujours en mouvement, elle se renouvelle éternellement.

Pour éviter les écueils, sachez reconnaître la voix de l’ego et ne suivre que la voie de l’Amour.

Pour survivre, l’ego prône le mensonge, la révolte par la force, l’opposition, la possession, la domination, l’exclusion, la violence, la destruction.

L'élève.

Mais alors, toutes ces manifestations de revendications, ce sont celles de l’ego ? Et la répression qui s’en suit, aussi ? Ainsi que les barrières, les frontières, les murs, les serrures…

L'Ami

En effet, l’ego ne sait pas reconnaître la vérité et la vie. Il voit le monde à l’envers et inverse toutes les valeurs. Ainsi confond-il l’amour avec la jalousie, l’autorité avec la domination, l'abondance avec les possessions, la puissance avec la violence, la sécurité avec la prison, l’équité avec l’injustice, la responsabilité avec la culpabilité, la Révolution avec la révolte .

L'élève.

N’y a-t-il pas des jugements dans ces propos ?

L'Ami.

L’absence de jugement ne signifie pas l’absence d’observation ni d’intelligence. Reconnaître le mensonge et les tentations, déjouer la manipulation c’est du discernement.

Rester intègre demande de la lucidité, de la vigilance et du courage.

Trouver l’action juste et non violente face à une provocation nécessite de la maîtrise de soi.

L'élève.

Je comprends. Toute incitation à l’action malhonnête ou violente, quel que soit son masque, son drapeau ou sa séduction, ne peut pas venir de l’Amour.

L'Ami.

En effet, l’Amour écoute l’Esprit.

Il invite à la Révolution paisible et non-violente. Il permet le renouveau. Il collabore, il soutient, il corrige, il équilibre, il inclut, il guérit.

Il mène à la Vérité, à la Liberté, à la Paix et à la Joie d’être.

Entre la révolte qui mène à la destruction et la Révolution qui célèbre la Paix, cher ami, faites le bon choix.

L'élève

Vos conseils tombent bien car il y a bientôt des élections en France. Que me conseillez-vous de voter ?

L'Ami.

Puissiez-vous soutenir le parti de la Paix et choisir le meilleur représentant pour diriger votre pays.

L'élève.

Pouvez-vous être plus précis ?

L'Ami.

Ne cherchez pas à l’extérieur de vous-même.

Le meilleur parti est celui de votre terre.

Le meilleur dirigeant de votre terre n’est autre que vous-même.

Soyez digne de votre royaume. Soyez un souverain de la Paix.

Savourez la Paix, ressentez-la, respirez-la, vivez-la dans chacun de vos gestes, incarnez-la dans chacun de vos pas.

Choisissez toujours la Paix.

Et lorsque vous ouvrirez les yeux, vous saurez apprécier la richesse du monde et vous pourrez enfin lui offrir l’abondance

L’Intelligence de l’Amour.

L'élève.

Ça y est cette fois, je me suis mis à la méditation.

L'Ami.

Très bien. Quel genre de méditation pratiquez-vous ?

L'élève.

La méditation du noyau de pêche.

L'Ami.

Pouvez-vous la résumer ?

L'élève.

Il s’agit d’une connexion à l’arbre cosmique en commençant à partir d’un fruit.

L'Ami.

Une fable écologique en quelque sorte.

L'élève.

Oui. Je préfère méditer, car toutes les explications, les compréhensions, les prises de conscience ne me permettent pas d’avancer. J’ai besoin de pratique.

L'Ami.

En effet, pratiquer permet de vivre l’expérience et d’assimiler la réalité avec le corps. C’est faire preuve d’intelligence corporelle.

L'élève.

Je n’ai jamais passé de tests concernant cette forme d’intelligence.

L'Ami.

Non seulement vous passez des tests à chaque instant, mais en plus vous maîtrisez cette intelligence sans même vous en apercevoir !

L'élève.

Vous voulez dire que mon corps est intelligent ? Pourtant cette intelligence n’a jamais été enseignée, notée, sélectionnée, ni exploitée !

L'Ami.

L’intelligence corporelle est innée et naturelle. Elle permet à votre corps d’assurer l’ensemble de ses fonctions vitales, à vos organes de fonctionner en synergie et à votre cerveau de supporter le surpoids de votre conscience.

L'élève.

Dois-je mettre ma conscience au régime amaigrissant ?

L'Ami.

Votre conscience est votre amie, tant qu’elle n’oublie pas son corps. Dans le cas contraire, la situation est celle d’un cheval qui ne saurait pas conduire son cavalier

L'élève.

En principe, c’est le cavalier qui dresse le cheval. Le cavalier est "doué de raison", ce qui lui permet de commander et de soumettre l’animal.

L'Ami.

Pourriez-vous envisager le contraire de cette perspective anthropomorphique ?

L'élève.

Imaginer un cheval doué de raison qui dresserait son cavalier, serait comique et pourrait faire l’objet d’une nouvelle.

L'Ami.

Pourquoi ne pas commencer à écrire quelques lignes de l’histoire de ce cheval qui éduquerait son cavalier ?

Toutefois, évitez l’équidomorphisme, ce qui serait simplement une caricature de l’anthropomorphisme.

Qu’est-ce que le cheval enseignerait à son cavalier si celui-ci l’écoutait vraiment ?

L'élève.

D’accord pour un essai. Voici ce que pourrait dire un cheval qui éduquerait son jockey.

« O cavalier, écoute-moi. Cesse de me soumettre aux jougs. Cesse de me faire courir dans tes combats, dans tes compétitions, dans tes guerres. Je n’ai pas besoin de tes abattoirs. Laisse-moi vivre ma vie.

Lâche mes brides, oublie ma selle et les contraintes, laisse-moi te montrer des chemins nouveaux dans les prairies et dans les forêts et permets-moi te faire survoler leurs espaces verdoyants.

Laisse ma course te guider le long des rivières et des fleuves vers la liberté.

Sois un fils de la terre et non son maître.

Laisse le ciel et ses nuages, son soleil et ses étoiles danser autour de toi pour célébrer la vie.

Savoure la force de mon corps et la puissance de sa course.

Aime la compagnie de tes semblables et reste libre comme le vent. »

L'Ami.

Pourquoi pas. Mais je sens que vous n’êtes pas prêt à vivre comme un cheval.

L'élève.

En effet. Tout cela est très bien, mais si tout le monde vivait comme des chevaux sauvages, ce serait l’anarchie, un désordre brutal. Les chevaux passent leur temps à se battre pour leur harem et à fuir des meutes de loups et d’autres prédateurs affamés. Un sort peu confortable et peu enviable.

L'Ami.

C’est normal si vous oubliez l’essentiel du message que le cheval adresse à son "maître".

L'élève.

Sois libre ? Sois fort ?

L'Ami.

Plus simple.

L'élève.

Je ne vois pas.

L'Ami.

Si je vous disais que vous avez énoncé la réponse au début de votre dialogue équestre.

L'élève.

« O cavalier, écoute moi ! »

L'Ami.

Ce qui signifie dans cette fable : « O humain, écoute ton corps ».

C’est la base.

L'élève.

Mais écouter son corps, c’est rare de nos jours et peu valorisé dans les manuels scolaires. Cette intelligence est moins importante et spectaculaire que celle qui a inventé toutes les machines si nous sont si utiles, que celle qui a construit les bâtiments qui nous abritent et créé toutes les œuvres artistiques qui embellissent nos décors.

L'Ami.

Détrompez-vous, l’intelligence du corps est la plus simple et la plus répandue.

Aurions-nous pu débarquer sur la lune et explorer l’univers, bâtir des mégalopoles et des infrastructures gigantesques sans commencer par savoir vivre en santé ?

L’intelligence du corps est la plus ancienne sur notre planète et la plus répandue dans tous les règnes de la nature. Elle est à la base de tout le reste.

L'élève.

Les comportements de mes semblables dans les mégalopoles et sur les routes me fait parfois penser à ceux de robots morts-vivants.

Sans parler des ghettos dans lesquels la violence peut s’afficher au grand jour et qui deviennent pour certains l’antichambre de la prison, de l’asile psychiatrique ou du cimetière.

L'Ami.

Ces situations montrent simplement ce qui se passe en l’absence d’écoute.

D’abord, ne pas écouter son propre corps et ensuite ne pas écouter les autres, voilà la racine du problème.

A l’intérieur du corps comme à l’extérieur, c’est ainsi que se créent des secteurs dans lesquels l’activité mène au surmenage, d’autres dans lesquels les accumulations, les embouteillages et les déchets s’accumulent, des quartiers qui affichent leur opulence et leur pouvoir, d’autres dans lesquels règnent l’ignorance, la misère, l’exclusion et la violence.

Pas d’écoute, pas de santé et pas de paix.

L'élève.

Pour vider les ghettos de leurs trafiquants et de leurs terroristes en tout genre, les prisons de leurs délinquants, les bistrots de leurs piliers, les asiles de leurs patients, il suffit de les écouter ?

L'Ami.

Écouter est une fonction de base. C’est le début.

L’intelligence, c’est d’entendre.

L'élève.

Lorsque j’écoute le monde dans certains endroits, j’entends les menaces des guerriers et la détresse des victimes qui m’assourdissent, les complaintes des détenus et des aliénés qui me font peur, le tambourinage des langues de bois sur les urnes démocratiques et celui des slogans sur les défilés de masse qui m’assomment, le grondement des moteurs qui m’empoisonnent, des sons et des musiques mécaniques qui m’obsèdent, et parfois, les explosions des armes à feu qui m’achèvent.

Comment ne pas être submergé par la folie du monde lorsque je l’écoute ? Où est l’intelligence dans cette écoute ?

L'Ami.

L’intelligence suprême, c’est d’entendre la voix de l’Amour. Et cette intelligence, seul le corps peut l’incarner.

C’est en écoutant votre corps que vous l’entendrez et que vous pourrez rétablir de l’équilibre dans son fonctionnement. Il retrouvera alors possibilité de se régénérer.

Un corps en santé apaise la conscience, stimule la réceptivité, l’inspiration et la force de l’énergie vitale.

Il devient alors possible d’entendre la voix de l’Amour.

L'élève.

Vous voulez dire que tout ce qu’entends à l’extérieur est l’écho de ce qui se passe en moi et que le seul agresseur dans ce monde n’est autre que moi-même ? Et qu’il suffit simplement de tendre l’oreille un peu plus pour entendre la voix de l’Amour ?

L'Ami.

Je vous invite simplement à vous détendre et à élever votre regard en le tournant vers l’intérieur de vous-même.

L'élève.

Comment voulez-vous que je puisse me détendre si je suis encerclé et assailli par les menaces et par les turbulences ?

L'Ami.

Comment vous détendez-vous lorsque vous en avez la possibilité ?

L'élève.

Je regarde un film passionnant, je lis un bon livre, je prépare un plat savoureux, je déguste un thé ou un café avec des amis, ou je pratique des activités avec mon épouse dont je vous révélerai pas les détails… et surtout mon gain récent au loto m’a bien détendu, surtout lorsque je l’ai mis en bourse et que les valeurs se sont envolées.

L'Ami.

Si votre détente est basée sur le faire ou sur l’avoir, il n’est pas étonnant que vous ne parveniez pas à vous détendre vraiment.

L'élève.

Pour me détendre, vous avez trouvé de meilleures in-actions que celles de la bourse ?

L'Ami.

Si vous ne vous êtes jamais étiré comme un chat, et faufilé en silence entre les herbes avec tous vos sens à l’affût, en embrassant la terre à chacun de vos pas,

si vous n’avez jamais déployé vos ailes pour épouser le vent,

si vous n’avez jamais senti le sol résonner sous vos pas en galopant sur ses vastes prairies,

si vous n’avez jamais épié indéfiniment, immobile, les moindres mouvements des ombres de la nuit,

si vous n’avez jamais respiré de tout votre souffle en surgissant de l’océan,

si vous n’avez jamais pris le temps de vous déployer à la vitesse d’une fleur au printemps,

si vous ne savez pas vous émerveiller en retrouvant le rythme de la nature,

alors vous ne pouvez savoir ce que le mot détente veut dire.

L'élève.

Dois-je m’inspirer de tous les animaux ?

L'Ami.

La terre et tous ses habitants existaient bien avant l’arrivée de l’humanité sur cette planète. L’humanité est la cadette, à peine nouveau née. Elle a beaucoup à apprendre pour grandir et pour trouver sa juste place sur cette planète.

Ne considérez plus votre planète et tous ses habitants comme étant vos possessions, cessez de tout exploiter sans offrir et vous apprendrez vos premières leçons. En commençant par celle de l’humilité.

Ainsi, de l’atome à l’étoile, dans toutes ses dimensions subtiles et invisibles, la nature entière sera votre enseignant.

L'élève.

Je sens que maintenant je peux regarder le monde comme étant un lieu d’apprentissage et que mes méditations pourront se pratiquer désormais aussi avec les yeux et les oreilles grand ouverts.

L'Ami.

Sans oublier ce qui se trouve entre vos deux oreilles et l’ensemble de vos cellules.

L'élève.

Vous faites bien de me le rappeler.

L'Ami.

Puissiez-vous percevoir l’espace infini de l’amour au cœur de votre terre et le manifester dans chacune de vos actions.

Puissiez-vous enchanter votre vie.

Ne soyez pas un artisan de la paix. Agissez comme un roi, et votre terre apaisée redeviendra votre royaume

La méditation du noyau de pêche.

  • « Quel était le sujet de l’enseignement de ce matin ?

  • Maître, tu nous a enseigné la méditation du noyau de pêche.

  • En es-tu sûr : je n’ai jamais parlé de fruits ou de légumes ?

  • Maître, tes silences m’ont nourri autant que tes paroles !

  • Tiens donc ! Partage nous donc le fruit de ton inspiration. »

« Chères flammes de lumière éternelle, nous vous aimons depuis si longtemps.

Vous naviguez, souvent sans en être totalement conscients, sur un océan de lumière et d’Amour. La splendeur de cet océan vous semble avoir disparu derrière les poussières minuscules de vos nuages. Vous qui êtes des sources de lumière, des sources de vie, vous demandez alors de la lumière, des éclairages, de même qu’un poisson demanderait à boire au milieu d’un lac.

Voyez comme c’est simple. Vous avez soif ? Ouvrez votre Cœur et buvez ! Vous avez faim ? Nourrissez l’essence de votre Être. Et puisque c’est la saison de l’été sur votre planète et que la nature offre ses produits en abondance, nous vous proposons la méditation du noyau de pêche.

Pour un instant, fermez vos yeux, abandonnez toute attente, toute préoccupation, toute identification à votre histoire, à votre personnage, à votre corps, à votre mental, à ses envies et à ses besoins. N’attendez rien, abandonnez toute croyance, toute limite, toute condition, pour offrir le meilleur de vous-même à chaque instant.

Respirez profondément. Détendez-vous entièrement. Relâchez les lourdeurs, les encombrements et retrouvez votre état naturel de légèreté amoureuse, votre innocence. Souriez à la Vie.

Immergez-vous dans la lumière, au Cœur de votre Être. Cet Être est la Vie même, qui se déploie sans cesse, dans l’univers entier et au-delà. Choisissez de communier avec votre Être véritable, dans toute la vastitude de son amour éternel…

Créez à présent la sensation d’une pêche. Détaillez sa taille, sa texture, sa couleur, son parfum, sa chaleur, son allure. Qu’elle soit bien mûre et sucrée, juteuse, irrésistiblement attirante, pleine de vie et de mystère.

Nous observons en premier la peau. Observer, toucher, sentir, ressentir…

Lorsque vous voyez vos frères ou vos sœurs incarnés, vous voyez aussi leur peau, leur apparence. Lorsqu’ils vous regardent, ils voient la peau de votre corps. Mais quel rapport avec vos êtres véritables ? Est-ce important que la peau soit belle ou non, qu’elle soit lisse ou ridée, qu’elle soit noire, blanche, ou d’une autre couleur ?

Dans notre méditation, nous allons dépasser les apparences, et éplucher la pêche pour en découvrir la chair.

Que cette chair est parfumée ! Savourez pleinement sa douceur, ses arômes.

La chair représente l’océan des émotions et de la sensualité. Il n’est pas question de renoncer à la chair, mais seulement de reconnaître son manque de consistance, son caractère éphémère, et sa destination finale, le compost.

C’est une fois mangée que la pêche commence à nous intéresser vraiment pour notre méditation, car voici le noyau.

Par sa dureté, le noyau représente l’aptitude du mental à résister et à élaborer des structures, des concepts, des croyances rigides et pseudo protectrices.

Lorsque l’être devient le serviteur de son mental, il s’éloigne de son Cœur qu’il finit par oublier, et il doit absorber des poisons très indigestes.

Le premier de ces poisons est l’ignorance et le doute. Le second c’est l’attachement et l’égoïsme. Le troisième est la révolte, la volonté de puissance, l’orgueil.

Vous allez par conséquent prendre le marteau de l’humilité, de la gratitude et de la confiance. Il est très lourd et puissant, comme Excalibur.

Avec toute la force de votre amour, vous soulevez ce marteau et d’un grand coup, vous brisez la coque en mille morceaux. Inutile de les compter !

Et vous découvrez l’amande.

Contemplez, appréciez, remerciez cette graine. Elle contient le germe d’un arbre qui va pouvoir se déployer, car vous l’avez reconnu et délivré de sa gangue.

Placez cette graine au centre de votre poitrine à la place de votre Cœur, et ressentez son aspiration à vivre, à se déployer.

Fusionnez totalement, intensément avec cet élan de vie, avec sa force irrésistible.

Que chacune de vos respirations nourrisse la vie de votre Germe. En inspirant, vous accueillez la lumière, la vie. Lorsque vous expirez, vous offrez votre vibration, votre signature, votre amour, votre gratitude à l’espace et à la vie qui vous entourent.

Vous devenez un arbre.

Cette petite amande, déjà si puissante dans sa volonté de vivre, déploie ses racines en direction de vos entrailles.

Ses fibres sont à la fois délicates et déterminées, puissantes et subtiles pour s’enfoncer dans le sol. La volonté, la patience, la constance, l’intelligence, le courage permettent de trouver le chemin et de se frayer un passage, même lorsque le terrain paraît peu propice.

Les racines de votre amour s’enfoncent fermement et profondément dans la matrice de l’intraterre. Ancrez votre élan sur sa solidité, dans sa profondeur, dans sa puissance, dans sa densité.

Que le feu de vos entrailles reconnaisse et s’unisse au feu de l’intraterre, qui sait faire fondre et transmuter la matière pour nourrir la vie.

Vos racines suivent aussi les courants telluriques et vous guident vers des endroits dans lesquels la Terre exprime toute sa beauté. Ces lieux sont souvent reconnus comme étant des sites sacrés, qui favorisent la guérison, l’élévation des Êtres, leur inspiration. Communiez avec la beauté de la Terre. Imprégnez-vous son énergie, unissez-vous à Elle, célébrez cette union de toute la force de votre Cœur.

Votre chant d’amour ouvre à présent votre troisième œil et votre couronne.

A partir de la graine devenue maintenant un tronc puissant, s’élèvent des bourgeons, attirés par l’espace universel et par la lumière du Soleil. Ces bourgeons se ramifient en branches qui étendent leurs feuilles dans toutes les directions.

Certains bourgeons se mettent à fleurir. Les fleurs de cet arbre immense sont multicolores. Elles offrent des parfums et des formes raffinées. C’est une explosion de créativité.

Les branches fleurissent dans l’univers entier, qui devient même trop petit pour contenir l’expansion de cet élan de vie. L’arbre s’enracine et déploie ses couleurs dans tous les univers.

Et bientôt, les fleurs deviennent des fruits, des pêches, dont chacune contient en son Cœur un nouveau germe, le potentiel d’un nouvel univers.

Ainsi, les fleurs et les fruits de votre Cœur sont une nourriture pour tous les Êtres dans tous les univers. Et l’Amour de tous les Êtres dans tous les univers nourrissent l’Amour de votre Cœur, dans une croissance infinie. »

« Nous allons maintenant quitter la salle de cinéma. En effet, toutes les visualisations, toutes les images que vous percevez sont des projections sur un écran que vous croyez être votre conscience. Mais ce ne sont que des images en deux dimensions, auxquelles vous donnez de la valeur et auxquelles même parfois vous vous identifiez.

Observez simplement leur impermanence. Ce qui est impermanent peut-il être réel ? Êtes-vous des êtres temporaires ?

Les images sur l’écran  proviennent de la bobine du film. Les images défilent une après l’autre. Vous qualifiez de passé, de mémoires, les images qui ont été projetées. Vous qualifiez de préconscient, d’inconscient, de prémonitions, de fatalité, etc. les images qui vont être projetées. Mais le film est-il plus réel que les images qui sont projetées ?

Agréables ou désagréables, sombres ou colorées, quels que soient les paysages ou les personnages représentés, ces images sur la pellicule sont tout autant impermanentes que leur projection sur l’écran. On peut changer le film, passer des images lumineuses, mais cela ne change rien à leur nature.

Dans notre parabole sur la projection d’un film, ce qui est permanent, c’est seulement l’ampoule du projecteur, dont on peut varier l’éclat à volonté.

Cette ampoule est analogue à la graine de votre Soi véritable : transparente, lumineuse, constante. Elle n’est pas affectée par la pellicule du film et par la projection sur l’écran.

Pour briller, elle est reliée à une centrale électrique.

Intensifier l’éclat de votre ampoule, c’est augmenter votre connexion à la Centrale de l’Amour universel. Votre Cœur ne connaît alors pas de limite pour exprimer sa beauté.

Nous vous aimons depuis si longtemps et nous vous accompagnons toujours. Sur le chemin de votre Éveil, sur la voie vers la Maîtrise, nous sommes toujours avec vous dans l'éternel présent. »

Le jeu de la Paix.

L’élève.

Vous concluez toujours nos entretiens par une bénédiction qui est très inspirante. Pourquoi ne pas commencer aujourd’hui notre entretien par une bénédiction ?

L’Ami.

Ne serait-ce pas mettre la conclusion avant la démonstration ?

L'élève.

J’aimerais faire l‘économie de la démonstration qui est toujours questionnante et éprouvante pour moi et essayer une autre démarche. Je réalise que mes préambules ne font que me retarder et que le seul intérêt de nos entretiens réside justement dans votre conclusion.

Alors, quelle est votre bénédiction cette fois-ci ?

L'Ami.

Si nous étions au restaurant, demanderiez-vous que votre dessert soit servi en guise d’apéritif ?

L'élève.

Effectivement, je mange dissocié, et je consomme les fruits en dehors des repas.

L'Ami.

Soit, puisque vous insistez, voici notre dédicace.

Puissiez-vous apprécier chaque instant de votre vie. Puissiez-vous reconnaître que vous en êtes le miracle et le cadeau. Puisse votre conscience retrouver sa connexion au tout et votre corps sa reliance avec la nature.

Puissiez-vous offrir sans cesse le meilleur de vous-même pour le bien de tous les êtres.

Est-ce que cela vous convient ?

L'élève.

Je suppose que le plat de résistance consiste à réaliser comment y parvenir ?

L'Ami.

Nous pouvons poursuivre en effet, puisque nous ne vous avons pas coupé l’appétit.

L'élève.

Vous avez mentionné le terme dédicace. Cela ne rappelle-t-il pas la religion bouddhiste ?

L'Ami.

Les religions sont toutes issues d’anciennes spiritualités. Au début, elles étaient vivantes, innovantes et révolutionnaires. Elles contenaient toutes des parts de vérités exprimées selon l’esprit de leur époque.

Mais peu à peu, elles ont été figées dans des textes et dans des traditions. La lettre morte a souvent remplacé l’esprit vivant.

Mais ne croyez pas que toutes les religions sont moribondes ou létales. En effet, certaines religions à succès attirent dans leurs musées des touristes spirituels en quête d'évasion, d’exotisme ou de distractions.

L'élève.

Vous voulez dire que ces religions devraient s’adapter à notre époque ? Mais comment le faire sans trahir leur source et sans provoquer de nouvelles guerres de religion ?

L'Ami.

Les guerres de religion sont actuelles, multiples et très répandues chez les humains.

Pourtant, la source de toutes les spiritualités est unique, universelle et simplement différenciée selon les peuples et les époques.

C’est justement l’oubli de leur origine commune qui les empêche de s’adapter à notre époque et aux suivantes.

Pouvez-vous nous expliquer comment le vers est entré dans le fruit ?

L'élève.

Justement, lors de ma méditation du noyau de pêche, j’ai compris que la vérité pouvait apparaître sous la forme d’une écorce, d’une chair et d’un noyau contenant le germe.

Je suppose que les religions et les spiritualités ont oublié le germe ?

L'Ami.

Pas seulement, mais poursuivez votre explication, s’il vous plaît. Toutefois, vous pouvez regrouper les spiritualités et les religions sous le terme de spiritualités religieuses, car la frontière entre les deux est difficile à trouver, et parfois inexistante.

L'élève.

D’accord pour votre proposition.

Les spiritualités religieuses de l’écorce ne s’intéressent qu’à la forme, au texte, au livre. Elles restent en surface.

Les spiritualités religieuses de la chair font du commerce avec des promesses de paradis. L’intérêt fait pourrir leur fruit.

Les spiritualités religieuses du noyau sont dures et cassantes, elles veulent enfermer le germe pour l’empêcher d’évoluer, de grandir.

Certaines spiritualités religieuses combinent habilement les trois travers. Chacune d’entre elles échoue lorsqu’elle oublie le germe qui représente leur origine et leur devenir.

Je peux conclure que le germe n’est autre que l’Amour.

L'Ami.

Savez-vous pourquoi ces religions spirituelles ont oublié l’Amour ?

L'élève.

Je ne voudrais pas m’éterniser sur les travers de l’esprit humain…

L'Ami.

Ne confondez pas l’esprit humain et son reflet, le mental humain. Nous y reviendrons.

Pour reprendre l’image de votre fruit, on pourrait dire que l’Amour, c’est le fruit entier. L’écorce et le noyau représentent l’Amour en tant que matrice qui enveloppe, qui révèle et qui protège. La chair représente la connaissance qui nourrit et qui donne du goût. Le germe représente la force de vie qui transcende et détruit toutes les formes en se renouvelant.

L'élève.

Cela me rappelle la trinité hindouiste, manifestation de l’Amour. Avec Brahma, c’est l’Amour créateur. Avec Vishnou, c’est l’Amour protecteur. Et sous le symbole de Shiva, c’est la vérité et l’immortalité qui libèrent de l’illusion.

L'Ami.

Puisque vous tenez à l’image de votre fruit, il faut préciser que le germe est Brahma le créateur, le noyau et la chair sont Vishnou qui protège et nourrit, et Shiva le destructeur est plutôt l’écorce. Représentez-vous Shiva Nataraja, le danseur universel, qui danse dans l’atome comme dans les galaxies les plus vastes.

Vous voyez qu’un même symbole peut avoir plusieurs sens.

L'élève.

Le mental, c’est ce qui me ferait dire que mon interprétation est plus juste que la vôtre et que vous avez tort.

L'Ami.

Ce mental vous ferait oublier que les deux interprétations peuvent être justes dans le paradigme de l’Amour.

En fait, ce n’est pas le mental qui est en cause, mais plutôt son utilisation erronée.

Un exemple permettra de mieux comprendre. Puisque vous vous intéressez à l’Hindouisme, vous connaissez sans doute la pratique du namasmarana.

L'élève.

Bien sûr, cette pratique consiste à répéter sans cesse le nom de Dieu. Ce terme vient de "namah" qui signifie "le nom", et "smarana", "répéter".

J’ai vu des concours qui consistaient à remplir des cahiers de mantras, de noms de Dieu, jusqu’à atteindre des nombres de plus en plus élevés afin de mériter la bénédiction d’un Sage, ou d’un Dieu.

On pourrait d’ailleurs retrouver ces pratiques dans toutes les spiritualités religieuses sous la forme, par exemple, des chapelets de prières.

Ces pratiques de musculation mentale devraient sans doute figurer plutôt dans la liste des disciplines olympiques, et leurs exploits mériteraient à juste titre la une des magazines sportifs.

L'Ami.

Sachez pourtant qu’au départ, ces pratiques étaient tout à fait justifiées et qu’elles résultaient d’une connaissance réelle du mental humain. En effet, ce dernier n’apprend qu’en faisant et qu’en répétant. Il ne peut contenir en général qu’une idée à la fois et en plus, il faut qu’elle soit simple et mieux encore, pratique.

Dans le passé, peu de fidèles savaient lire et écrire. Leurs corps vital et émotionnel étaient très développés.

Dans ce contexte, vous comprenez sans doute l’intérêt de cette pratique répétitive du namasmarana.

L'élève.

Bien sûr. Mais lorsque le contexte a changé, la pratique se trouve dépassée.

L'Ami.

Pas tout à fait, car le mental humain n’a pas changé. Il faut donc adapter cette pratique à son nouveau contexte.

Avez-vous une proposition ?

L'élève.

Il y a bien la lecture ou l’écriture en bandes dessinées des contes et des légendes sacrées.

Les jeux vidéos me paraissent une meilleure option pour les adolescents.

On a aussi le classement au top 50 des gospels, qui nous vient directement du Paradis.

En ce qui concerne les personnes âgées, les anciennes traditions peuvent encore leur servir de cannes et de dentiers.

L'Ami.

J’espère que vous courrez toujours aussi vite pour éviter ma canne et mon dentier.

L'élève.

J’espère que mon entraînement jusqu’à un âge avancé me permettra de rattraper les petits chenapans qui se moqueront de ma canne et de mon dentier.

L'Ami.

Et que votre exploit figurera dignement à la une de votre magazine sportif préféré.

L'élève.

En attirant l’attention, je risquerais d’être à mon tour poursuivi pour coups et blessures. Je préfère donc la prudence et la modestie, comme vous me l’avez déjà enseigné.

L'Ami.

Des qualités bien utiles en effet pour souffler, après notre petite course autour du namasmarana.

Pour comprendre cette pratique, je vous propose un jeu. Car cette pratique est un jeu.

Tout le monde peut jouer. Pas besoin d’argent, de matériel ni de gadgets. Et tous les joueurs gagnent à chaque fois qu’ils jouent.

L'élève.

S’il n’y a pas d’argent à gagner ou à dépenser, et s’il n’y a aucun risque de perdre quoi que ce soit, quel est l’intérêt de ce jeu ?

L'Ami.

Ce jeu permet de retrouver le chemin de la paix et de la liberté. C’est le jeu de l’Amour. Ce jeu n’a jamais empêché de vivre, bien au contraire.

L'élève.

Sans sexe et sans romantisme, où est le plaisir d’aimer ?

L'Ami.

Ne confondez pas le jeu de l’Amour et les feux de l’amour. En ce qui concerne ces derniers, courrez le monde si vous voulez et tant que vous le pouvez, et vous verrez que les jeux amoureux enflamment les désirs et qu’ils n’ont jamais amené le bonheur et la liberté à leurs pratiquants.

Par contre, le jeu de l’Amour est plus simple et plus sûr. Il consiste à aimer simplement être vivant,à aimer sincèrement, à apprécier et à dégusterla vie.

L'élève.

Quel rapport avec le namasmarana ?

L'Ami.

Choisissez le nom et la forme de l’Amour qui vous fait le plus vibrer. Dites nous quel nom vous choisissez pour ce jeu.

L'élève.

Je vais choisir le terme Paix.

L'Ami.

Excellent. En ce qui vous concerne, ce jeu s’appellera donc le jeu de la Paix.

Maintenant, commencez à répéter ce terme lentement, naturellement en vous imprégnant profondément de son sens, de la sensation qu’il procure à chaque respiration.

En inspirant, vibrez intérieurement : « Nous accueillons la Paix. »

En expirant, chantez dans votre cœur : « Nous rayonnons la Paix. »

Annoncez la Paix sur votre visage en souriant. Proclamez la Paix lorsque vous vous exprimez. Que vos mains acclament la Paix par toutes leurs actions. Que votre nourriture soit bénie par la Paix.

Quelle que soit la direction vers laquelle vos pas vous amènent, quelles que soient les circonstances, que la Paix soit votre guide et vous permette d’accueillir et de guérir ce qui est.

Rappeler-vous toujours la Paix en répétant sans cesse son nom, de tout votre cœur, de tout votre être, avec chacune de vos cellules. Depuis le sommet de votre tête jusque dans vos talons et au-delà, engagez-vous à cent pour cent dans la Paix.

Choisissez de rayonner la paix, d’être comme un soleil dissipant les ténèbres de l’illusion.

L'élève.

Le namasmarana ressemble donc à une dédicace.

L'Ami.

Cette bénédiction offerte à chaque instant vous permettra de développer votre créativité. Avec cette pratique, fini le temps perdu, la séparation d’avec les autres et d’avec le tout. Votre vie devient une offrande permanente, un hymne à la Paix.

L'élève.

J’ai de quoi faire jusqu’à notre prochaine rencontre.

L'Ami.

En vérité, je ne suis jamais loin ni séparé de vous. Vous le réaliserez bientôt et nos voix pourront enfin s’unir.

Vous pourriez d’ailleurs conclure cet entretien en formulant votre première dédicace, et permettre à notre amitié de franchir une nouvelle étape.

L'élève.

D’accord, nous vous offrons à présent cette dédicace qui fait la synthèse de nos entretiens.

Puissions-nous aimer de tout notre cœur et rayonner ce que nous sommes.

Puisse la Paix vibrant au cœur de notre être s'éveiller au centre de notre conscience, se révéler dans chaque cellule de nos corps et se manifester à chaque instant de notre vie.

Puissent l'Amour, l'intelligence et la force s'unir à l'infini, l'éclat de la Paix au centre de notre cœur s'intensifier, notre conscience et notre Amour se déployer à tous les étages de notre être et transcender toute limite.

Que rien dans notre vie ne soit plus important que d'aimer sans réserves et sans conditions.

Puissent tous les êtres vivre en Paix dans l’éternel présent.

L'Ami.

Soyez le bienvenu dans cette assemblée, cher ami de la Paix.

Votre choix vous ouvre les portes du monde subtil de l‘Amour et du monde invisible de l’esprit universel, de ce monde depuis lequel nous vous aimons depuis si longtemps...